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Publié le 19 Juin 2017

 

Nous avons un avantage sur les militaires, nous les politiques. Et pas des moindres. Pendant que dure l’hallali, nous, nous pouvons tenir journal, alors qu’un soldat doit prendre ses jambes à son coup. Peut-être, cependant, serait-il plus sage de s’esbigner franchement à l’instar de tous bons soldats en déroute. Peut-être bien. Mais nous sommes saufs de corps : il n’y a que notre moral qui branle. Alors, écrivons. Des carnets de déroute, sans doute bien plus significatifs que tous les carnets de campagne qui pointent lors des séquences électorales.

 

Une déroute de qui, au juste ? De nous. Qui ça, nous ? C’est bien là le problème. Comme en une eucharistie, nous nous sentons, nous nous savons, nous nous touchons, mais nous ne nous voyons pas. D’instinct, nous disons « nous », alors que nous n’avons même pas de nom. Les patriotes peut-être ? Les souverainistes ? Les identitaires ? Les conservateurs ? Nous, la droite ? Quel est donc ce camp sans enseigne ? Nous ne sommes que des fantômes sans nom attachés aux mânes – et qu’un fantôme aime les mânes, voilà, après tout, qui est bien naturel.

 

Être attachés aux mânes procure déjà une surface, comparés à tous ceux qui n’en ont plus rien à foutre des ancêtres. Mais de cette surface, nous n’en faisons rien, nous la laissons évanescente comme un Esprit sain qui chercherait en vain à s’incarner. Nous communions ! Ah certes, nous communions. Dans nos dégoûts en commun. Nous n’aimons pas l’immigration, qui change trop violemment le visage et le cœur de notre vieille et chère patrie. Nous n’aimons pas qu’on nous donne des ordres, à nous, vieux mousquetaires Français, surtout s’ils viennent de Berlin (Berlin qui, au passage, passe toujours par la Belgique – aujourd’hui : Bruxelles – avant de gouverner Paris), de Washington ou de Londres. Nous n’aimons pas tellement la nouvelle morale humano-progressiste qui a remplacé notre vieux fond chrétien et viril, celle qui dégouline d’odes à la modernité, à l’égalitarisme, au sans-frontiérisme, aux nouvelletés, à l’individualisme, au « sociétal ». Nous n’aimons pas des masses l’Etat-Zombie, celui qui dévore désormais ses enfants, mettant que trop sa main dans nos poches pour financer on-se-sait quelle nouvelle gabegie, et nous aimons encore moins cet Etat quand il ne fait rien pour nos pauvres gens des périphéries et des campagnes. Nous vomissons en cœur une école qui ne transmet plus rien, une nature qui s’enlaidit et notre ancienne gloire qui s’affadit devant nous à mesure que le temps passe. Nous vomissons bien, pour sûr. Puis nous restons l’estomac vide. Déboussolés et turbides, il ne nous reste plus qu’à avaler notre vomis pour le vomir à nouveau : après Hollande, voilà Macron, en attendant sûrement le prochain.

 

Nous ne sommes plus rien de sérieux et nos quelques incarnations n’ont de nous que notre caricature. La droite d’Orléans d’un côté, composées de petits bourgeois médiocres, ceux qui, en définitive, n’eurent pas assez de facultés pour gagner mieux dans le privé et qui s’en retournèrent dans la politique. Ceux qui n’ont rien en tête sinon une calculatrice, comme dirait Buisson. « Pas touche au grisbi, salope ! » dit-elle à Macron en songeant à la CSG et aux « dépenses publiques ». Mais voilà donc sa seule réplique dans le film : quand elle veut dire autre chose, elle s’aperçoit que le déficit de sa culture est disputé par celui de son imagination. Elle n’a plus ni l’une ni l’autre. Alors, elle pose son cul dans quelques manoirs de la Sarthe ou quelques beaux appartements du 7eme parisien. Elle n’a rien à dire, mais le dîner sera toujours prêt pour elle, même si, pour l’heure, il s'agit d'une soupe. De l’autre côté, il y a les populistes. « Nous sommes le peuple ! » hurlent-ils en se prenant pour Lénine, ayant oublié que nous ne sommes plus à « l’ère des masses » qu’étudiait Gustave Le Bon, ni même que ses électeurs ne sont pas communistes. Le FN n’a pas de pif. Il sent mal, sauf la merde, et il ne parle donc que d’elle. Ceux qui y vivent votent dès lors pour lui, mais, fort heureusement, si la merdre croît, pour paraphraser un moustachu, elle n’a pas encore gagné de toutes parts. Durant cette campagne, le FN aura réussi l’exploit de conjuguer le pire de l’intellectualisme (« l’union des souverainistes de gauche et de droite », comme des intellectuels de salons avaient théorisé jadis l’union des communistes et des nationalistes), le pire du populisme (nous sommes le peuple ! A bas les élites ! Et vas-y que j’parle comme une poissonnière, bah dis donc !) et le pire du progressisme (kikou les petits cœurs de l’équipe Philippot, si mignoooonns). Exploit notable, qui nous rappelle cette dure vérité que les tenants de la décadence sont souvent moins décadents, à titre personnel, que ceux qui sont censés s’opposer, justement, à cette décadence.

 

Carnets de déroute, donc. Ils auront certainement quelques lecteurs. Espérons toutefois que je les arrête rapidement, car, Bon Dieu, malgré toutes ses turpitudes, je crois encore en ce foutu pays. Il y aurait tant à faire…

Ah…

Le vent se lève, il faut tenter de vivre !

On verra demain !

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Publié le 5 Juin 2016

Gauche et Droite intellectuelles vers une politique du jardin ?

Une chose m'a frappé au visionnage du débat sur Proudhon entre Alain de Benoist et Michel Onfray. Je la découvris dans toute sa lumière alors que je savais pourtant qu'Onfray était sur ces positions depuis déjà quelque temps. Ce qui ressort de ce débat et des réflexions de l'intellectuel de gauche, c'est, dans une redécouverte de la philosophie de Proudhon, que l'enjeu actuel se situe moins dans une volonté de changer le système capitaliste que d'en sortir dès à présent à titre individuel et communautaire.

 

Je savais en effet chez Onfray l'exigence d'initiatives individuelles, de mutuelles, de corporations solidaires, de localisme, autant de sanctuaires qui se voudraient sains au milieu d'un monde en déclin. Car du déclin, Onfray en parle aussi, ayant abandonné les lubies traditionnelles de l'homme de gauche sur le progrès perpétuel. Or, si Onfray considère désormais que la France, l'Europe – disons l'Occident – sont dans un déclin irréversible, alors ne survit en effet que le  désir de reconstruire un monde à son échelle sur le charnier prométhéen des idées mortes, celles qui aimeraient encore faire la révolution et changer la société.

 

Ceux qui me suivent comprendront où je veux en venir. Ce que je trouve particulièrement exaltant, c'est que les pensées intelligentes de gauche en arrivent désormais au même point que les pensées post-modernes de droite. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle elles peuvent discuter entre elles. Manifestement, elles partagent au moins le même postulat. 

 

Ce postulat, quel est-il ? Qu'il y a de grandes chances pour qu'aucun d'entre nous ne parvienne à changer le monde. Nous sortons de l'ère historique, entamée depuis la Révolution Française et que l'on pourrait appeler, à la suite d'autres intellectuels, l'ère idéologique (qui trouve son point culminant au XXème siècle) qui était celui des mouvements sociaux et politiques capables de transformer de fond en comble une société. C'était l'ère où l'on croyait encore au grand soir, à la révolution, au coup d'état, ou même à la possibilité de prendre le pouvoir par les urnes pour tout bouleverser. 

 

Bien entendu, nombreux sont ceux qui y croient encore. Nombreux sont ceux qui ne sont pas passé, intellectuellement, dans le nouveau millénaire. C'est une chose répandue et commune que la plupart des individus aient toujours un train de retard historique. D'autant que beaucoup de gens vivent – et vivent bien – de ce retard : je veux parler bien sûr des hommes et des femmes politiques, ainsi que des journalistes. 

 

Beaucoup d'éléments concourent à faire adopter le postulat de la fin de l'ère idéologique. Pêle-mêle, en voici. Démographique d'abord : rien qu'en France, l'âge médian est de 55 ans, et le vieillissement va aller de mal en pis. Jamais, historiquement, une révolution (qu'elle soit violente ou par les urnes) n'a pu s'établir sur une base sociologique vieillissante. Celles-ci ne changent rien et se contentent de mourir à petit feu. En conséquence, on pourrait légitimement penser que jamais un pays comme la France pourrait changer de modèle, cela implique de prendre des décisions radicales, d'être prêt à une certaine violence, et de mettre l'imagination au pouvoir. Seule une société gorgée de jeunes peut faire ça. Sociologique ensuite : pour qu'une société se transforme par le haut, par l’Etat, encore faut il qu'il soit soutenu par une volonté générale, elle-même appuyée sur une population homogène dont les ressorts restent holistes. Voilà qui n'est plus le cas. Le progrès de l’individualisme a fait des ravages et l'immigration massive a fracturé la société en différents éléments sans doute irréconciliables. Historique enfin : qui connait l'Histoire sait que toutes les sociétés ont une fin programmée, et que celles-ci ont toujours les mêmes symptômes quand arrive leur crépuscule. Quiconque a étudié la fin des civilisations – Rome notamment – est frappé de stupeur par la similitude impressionnante de nos symptômes.  

 

Ces éléments, sauf à ne pas être pris en compte, obligent nombre d'intellectuels à devoir changer de paradigme. A gauche comme à droite, on s'entend pour considérer qu'il faille aujourd'hui créer ses propres mondes, faire sécession, repenser le local, la communauté, le petit échelon. Entre parenthèse, voilà la cause de mon "libéralisme" actuel : j'y souscris parce que lui seul peut permettre d'accoucher la société de demain, en vitesse, puisque de toutes façons celle-ci finira par naitre. Le libéralisme post-moderne, je l'entends comme la capacité plus grande et plus rapide de pouvoir créer notre monde en étant libéré du grand cadavre en décomposition que constitue l'ancien monde. C'est un syllogisme socratique : 1 - On ne croit plus qu'il soit possible de changer la société. 2 - On a besoin d'être libérés d'elle pour préserver ce qu'on aime. 3 - Nous sommes donc, désormais, des libéraux.   

 

On connaît la célèbre objurgation d’Albert Camus recevant son prix Nobel en 1957. Il ne s’agissait plus pour lui de changer le monde, à la manière des anciens, mais d’éviter qu’il se défasse. Conserver donc. Préserver. Et pour "préserver" quelque chose, on l'enterre dans son jardin ou dans un coffre, chez soi. Peut-être sommes nous entrés dans l'ère historique des jardins. De gauche ou droite, il nous faudrait, dès lors, une politique des jardins.  

 

 

Le débat en question

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Publié le 1 Juin 2016

Les tromperies de Béziers

Arrivé dans la ville martyre de Béziers (qui se souvient du massacre de 1209 par les forces françaises et papales ?) pour le week-end organisé par Robert Ménard, certaines personnes déclarèrent avec ironie qu’ils furent trompés par le temps. Comment ? «Descendre » dans le sud, pour y trouver du gris, du vent et de la pluie ? Voilà qui n’était certainement pas « le deal ».

 

Tout le reste ne fut qu’un nuancier de cette ironie.

 

Personnellement, je sors de ce week-end assez meurtri et, peut-être un peu, désespéré par les politiques. Sans doute suis-je encore un peu naïf. Sans doute suis-je surtout animé de la conviction que seule une grande alliance de droite peut prendre le pouvoir dans ce pays et changer quelque peu les choses. Quoiqu’il en soit, je me suis trompé, et tout le monde a été trompé.

 

Ce rendez-vous de la droite organisé par Ménard devait poser les bases d’un mariage, ou, disons, d’une Union Civile, entre certaines forces du Front National lucides sur les limites de ce mouvement, et certaines forces de la droite classique, lucides, elles aussi, sur les besoins de celle-ci pour appliquer, un jour, une véritable politique de droite. J’ai parlé de l’exigence de ce mariage dans mon texte J’irai voir la droite à Béziers. Je n’y reviendrai donc pas.

 

A la vérité, personne, à Béziers, ne voulait de ce mariage. Chacun est venu avec son égo, ses arrière-pensées, ses gros sabots et ses petits bras. La fête du village gaulois a dégénéré en baston. Les romains continuent de rire aux éclats, et pas l’ombre d’une potion magique à l’horizon.

 

Valeurs Actuelles, présents en nombre et en moyens, n’avait évidemment pas comme objectif de servir la soupe au Front National. Journal de droite dure aux actionnaires par trop liés à certains responsables des Républicains, il n’avait logiquement pas licence, et certainement pas l’envie non plus, de vouloir aider Marine Le Pen. Marion Maréchal Le Pen, seule responsable politique de premier plan à avoir eu le courage de se déplacer (et n’importe quel militaire vous dira que les ponts sont les plus périlleux à traverser), a dû rebrousser chemin face à trop de déclarations hostiles à l’encontre de son mouvement.

 

Comment Marion aurait-elle pu faire autrement ? Vilipendée régulièrement à l’actuel direction du FN, accusée de la « jouer solo », de contester les axes stratégiques de sa tante et de Florian Philippot, elle ne pouvait rester tout sourire auprès de gens qui ne cachaient pas leur mépris pour le populisme mariniste. C’eut été franchir un rubicond que sa loyauté et son affectif familiale ne peuvent décider. Quelles que soient les idées de Marion Maréchal et sa lucidité sur la situation politique, elle demeure fidèle et tient à le rester.

 

Florian Philippot, plus malin, n’attendait que cela. Lui et ses troupes (10 personnes…), avaient déjà aiguisés leur tweets. Marion obligée de partir ? Bim ! Fiasco de Béziers ! Rassemblement d’extrême-droite ! Ménard traitre ! Ingrat ! Infâme ! Droitiers, droitistes, droitards : autant d’imbéciles naïfs ! Une seule solution pour le pays : tous au pas derrière Moi…arine !

 

Tout de même, Florian Philippot voudrait susciter une candidature à droite qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Aiguillonner de la sorte 2000 personnes, les piquer, les insulter comme cela, alors qu’il aurait tout gagné de se taire, fût-ce en souriant, est profondément suspect. Les hypothèses sont légion : susciter une candidature à droite pour 2017, pensant qu’elle prendrait plus aux Républicains qu’au FN, accélérer la purge au FN de tout ce qui est droitier, ou simplement ne pas savoir se retenir dans sa jubilation haineuse contre tout ce qui ne lui ressemble pas. Impossible de savoir.

 

Et Ménard dans tout cela ? Je le crois sincère. Pris entre des frontistes qui ne veulent discuter que dans la mesure où, à la fin, il s’agira de se plier aux volontés de la chef, et entre une droite qui méprise radicalement l’équipe chevénementiste du FN, la position est difficile à tenir. J’entends partout que l’édile de Béziers aurait des velléités présidentielles. Je ne le sais pas, je ne le pense pas. Toutefois, à quelques-unes de ses maladresses dont il n’aurait pu que très difficilement faire l’économie, compte tenu de sa position inconfortable, ont répondu les méchancetés de Philippot et, par-là, il ne pouvait que se défendre et accentuer son trait, sauf à se dédire.

 

Tel fut le piège de Béziers. La tragédie était déjà écrite avant que le week-end commençât.

 

Et pourtant, il y avait là de braves gens. Beaucoup de petits entrepreneurs, d’anciens frontistes ou sarkozistes, qui seront bientôt tous des futurs ex-frontistes ou ex-sarkozistes à nouveau, car pas une ligne n’a bougé. La prime pour obtenir ce petit peuple de droite est facile à obtenir, tout dépendra de qui dégainera le premier. Si le candidat des Républicains durcit son discours sur l’immigration, il l’obtiendra. Si la candidate du FN tient un discours micro-économique plus étoffé en rognant quelque peu ses envolées macro, elle l’obtiendra. Qui dégainera le premier ? Nous verrons en 2017.

La certitude, toutefois, que pour braver ce pont entre les deux droites, il faudrait un Bonaparte tel que celui sur le pont d’Arcole.

La certitude, toutefois, que pour braver ce pont entre les deux droites, il faudrait un Bonaparte tel que celui sur le pont d’Arcole.

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Publié le 12 Mai 2016

J’irai voir la droite à Béziers

Fin mai, je serai au rendez-vous de Béziers.

Organisé par Robert Ménard dans la ville dont il est l’édile,  ce rendez-vous d’un week-end rassemblera peut-être tout ce que la « droite » sérieuse compte de représentants. Je dis « droite sérieuse », je pourrais dire : « assumée », « conséquente » ou « déterminée », mais je pourrais dire plutôt : « orpheline ». Car oui, toute cette droite saucisson-pinard, traditionnelle, catholique ou presque, « hors les murs », mousquetaire, nationale, souverainiste, identitaire, libérale et/ou colbertiste – intellectuelle surtout – oui, toute cette droite est désormais orpheline, turbide et angoissée à l’idée que la course de 2017 puisse partir sans qu’aucune de ses écuries n’y concourent.

Une société française passée à droite

Cette droite bouillonne comme jamais, échauffée tous les jours par l’état de la société française. Précisément, celle-ci ne semble jamais avoir été autant « à droite » dans ses idées et désidératas. C’est, en tous cas, ce que montrent les enquêtes d’opinions. Pour résumer brièvement : l’immigration est désormais rejetée ; la peur de l’Islam est revendiquée ; le besoin de sécurité est assumé ; les impôts et les taxes sont exécrés ; l’Union Européenne ne revêt plus le rêve dont elle s’était parée au départ ; la morale permanente des droits de l’homme et des valeurs sont tournées en dérision ; la gauche enfin, avec tout ce qu’elle représente, est haïe. En somme, tout porte à croire que l’heure de la droite a sonnée.

2017 sans candidat de droite ?

La grande peur des bien-droitards est de ne pas pouvoir supporter pleinement un homme ou une femme pour 2017.  Aux Républicains, les sondages et la tendance donnent Juppé, un radical de gauche comme Chirac, dont il fut d’ailleurs un de ses ministres. Un représentant « des élites mondialisées » comme on dit, un retraité qui n’a pas dépassé les années 90 et leur cortège de rêvasseries sur la mondialisation heureuse, le métissage idéal et le libéralisme comme seul « way of life ». Donné pour le moment gagnant aux primaires, le grand parti de droite français risque donc bien de présenter à la présidentielle un orléaniste usé ayant plus en commun avec François Hollande, Manuel Valls et Emmanuel Macron qu’avec Laurent Wauquier, Philippe de Villiers et Marion Maréchal Le Pen.

Le problème du FN

Cette droite a essayé, essaie encore, et essaiera à nouveau, de se rapprocher du FN. Hormis quelques irréductibles anti-lePen, ses représentants ont tous voulu, un jour, frayer avec le mouvement frontiste. Cette droite, parce qu’un peu bourgeoise, n’était pas très courageuse : elle tremblait à côté du père Le Pen et son parfum sulfureux. Cependant, la dédiabolisation opérée par la fille l’a interpellée, et nombre de ses membres ont décidé de montrer l’exemple en passant au dessus du cordon sanitaire. La plupart s’en sont retournés depuis, échaudés par les signaux toujours plus prégnants de Marine Le Pen et Florian Philippot envoyés à la seule gauche, et le mépris – voire la haine assez irrationnelle – que semblent parfois avoir ces deux dirigeants frontistes à l’encontre du cadre de droite à la raie sur le côté, catholique et un tantinet libéral. Dans l’échec patent de ce mariage autrefois annoncé, celui de la droite zemmour et d’un front mariniste, les torts sont sans doute à trouver des deux côtés. Marine Le Pen pense que sa stratégie ni-droite ni-gauche, souverno-chevenementiste, est la meilleure qui soit, et que ces hurluberlus de droite sont tous des traitres en puissance obsédés par le mariage pour tous et leur compte en banque. Les droitards pensent que Marine Le Pen est désormais sous la coupe d’un énarque de gauche qui, avec ses petits copains, se moque des valeurs et des traditions pour ne privilégier qu’une stratégie  anti-européenne aux allures dogmatiques. Autrement dit, la mésentente est consommée, les caricatures sont partout, le mariage n’eut pas lieu et n’est, pour le moment, même pas remis à une date ultérieure.

Mariage de raison

La modernité transpire décidemment par tous les pores de la peau politique, car si mariage d’amour il ne peut y avoir entre cette droite et le Front National, la tradition eut poussé, au moins, à un mariage de raison. Les deux auraient en effet tout à y gagner. Si ce mariage avait eu lieu, la droite se serait trouvée un leader charismatique en la personne de Marine Le Pen, ce qu’elle n’a pas. Elle y aurait trouvé aussi l’électorat populaire qui, additionné à l’électorat petit-bourgeois/classe moyenne (à qui cette droite parle très bien), peuvent seuls dépasser les 50% que l’élection demande. Le FN, lui, aurait trouvé une crédibilité, des cadres, de l’argent et des relais médiatiques. Et peut-être, aussi, un peu d’intelligence. En effet, qu’on le veuille ou non, si le peuple français n’est peut-être ni de droite ni de gauche comme les pensent les chefs frontistes, les cadres, eux, le sont. En France, il existe des cadres de gauche et des cadres de droite. Marqués. Le cadre chevènementiste et exclusivement souverainiste, n’existe pas, ou du moins pas encore. C’est la raison pour laquelle autour de Florian Philippot ne virevoltent presque que des jeunes gens à peine sortis du lycée, car ce type de cadres collant au caractère et à la stratégie purement mariniste est peut-être en gestation, mais, je le répète, n’existe pas encore en quantité suffisante. De même pour les intellectuels. On est encore de droite ou de gauche. Ceux, comme Sapir, qui se sont essayés au dépassement des clivages, ont bien vu de quoi il en retournait : partout, ils ont reçu une fin de non-recevoir. On peut le regretter, mais la politique n’est pas faite pour le regrets. Le temps que se forment autour de Marine Le Pen et de Florian Philippot des cadres souveraino-souverainistes, en quantité et en qualité suffisantes, il sera sans doute trop tard pour la France. Il faut, alors, composer le plus possible avec ce que l’on a sous la main.

Âmes en peine

Les conséquences politiques de cette idylle qui n’a jamais eu lieu et qui n’arrivera peut-être jamais (ou arrivera trop tard…), sont désastreuses. Sans cette droite, le Front National reste sous la menace d’un nouveau Sarkozy qui pourrait lui refaire le coup de 2007, c’est à dire savoir parler à ses électeurs sans pour autant mener une politique en ce sens une fois élu. Sans cette droite et sans toutes ses personnes âgées qu’elle rassure, le FN est condamné à réaliser de gros scores mais jamais assez pour triompher. Sans cette droite, le FN ne peut rester qu’à son stade « populiste », entrainant avec lui les mécontents sans pour autant devenir un parti de gouvernement. Sans le FN et sa puissance symbolique et populaire, la droite, elle, est condamnée à ne jamais pouvoir mener une politique véritablement « de droite ». Qu’un Sarkozy revienne et refasse du Buisson, qu’un Fillon continue sur son chemin droitier ou qu’un Wauquier émerge : celui-ci pourra gagner une élection, mais sans le Front, il partira nécessairement avec tout son lot de centristes, de radicaux, de simili-socialistes, d’orléanistes type Juppé complétement à côté de la plaque. Une fois au pouvoir, il devra composer avec cette aile là, ô combien influente. En somme, il devra (sauf coup à la Poutine…) trahir à nouveau ses électeurs. Pour résumer briévement : le FN a besoin de la droite pour prendre le pouvoir, et la droite a besoin du FN pour l'exercer. Voilà le tragique destin de la vie politique française : un électorat entier et majoritaire qui aime la France pourrait s’unir mais se trouve divisé en deux. Séparés, la droite et le FN échoueront chacun dans leur genre, et le jour où une nouvelle génération comprendra enfin l’intérêt d’un rapprochement, il sera peut-être trop tard pour la France.

On verra à Béziers

J’irai voir cette droite à Béziers. Dans le spectre politique, c’est sans doute d’elle que je me sens le plus proche. Pour autant, je n’ai pas d’illusion et je connais bien ses défauts. J’ai besoin d’aller voir pour essayer de sentir si cette agitation droitière, en ce moment remarquable, n’est que le symptôme de soubresauts poussifs ou, au contraire, l’annonce d’une force en train de naître. N’y verrai-je que des bourgeois de droite tout contents de se retrouver pour parler de leurs « valeurs » entre eux, les gants blancs sans mains à l’intérieur ? Ou y verrai-je des gens véritablement disposés à s’engager pour ce qu’il reste du pays, en y mettant les moyens, la force et l’envie ? Sans doute y verrai-je un peu des deux. Charge aux meilleurs d’entre nous de séparer le bon grain de l’ivraie. Je rendrai compte, quoiqu’il en soit, de ce que je verrai et ressentirai.

J’irai  donc à Béziers. Sans illusions sans doute, mais avec tout de même un peu d’espoir. 

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Publié le 14 Novembre 2015

Le récent à prévoir : réflexions sur la fusillade parisienne et ses suites.

Je réagis à chaud, presque hâtivement, mais je crois qu'il va falloir habituer ses nerfs et son cerveau à réagir de la sorte, car les événements vont désormais s'accélérer. Le temps des longues réflexions et des points de vue distants sont des luxes de temps de paix.

 

Je ne reviendrai pas sur le choc émotionnel et moral de ces attentats. D'une parce qu'il est évident, de deux parce qu'il ne sert à rien, et de trois, surtout, parce que je n'ai pas envie de faire plaisir aux sectateurs de l'Islam le plus violent, qui salivent comme des chiens à l'idée qu'ils aient pu nous choquer ou nous traumatiser.

 

C'est dur, c'est horrible, ça fait mal : ça s'appelle l'Histoire qui revient.

 

L'ennemi de l'intérieur

 

Hormis quelques (un seul ?) terroristes qui risquent bien d'être l'un de ces doux et gentils réfugiés qui venaient s'échouer en Grèce, la plupart d'entre eux semblent bien être de nationalité française, ou, tout du moins, d'avoir été aidés par des réseaux Français (et Belges).

 

Ce constat marque la quasi-inutilité de la fermeture des frontières décidée par François Hollande, mais elle appuie surtout sur la caractère illusoire du principe des nationalités dans l'Europe occidentale actuelle. En particulier, je fais référence à la nationalité française. Celle-ci, ayant été distribuée sans prudence et sans ménagement depuis déjà quarante ans, est absolument démonétisée. Elle ne garantie plus rien. Elle ne signifie plus rien. Des populations différentes, voire antagonistes, peuvent désormais avoir la même nationalité. Dans ce cas de figure, les éléments constitutifs de l'identité devront, demain, être cherchés ailleurs. Ces éléments seuls font naître et garantissent des morphologies politiques. Ou dirai-je : des communautés politiques.

 

De ce que je sais et de ce que je vois, si Paris, dans son intelligentsia, ne veut pas prendre la mesure d'un tel bouleversement et tentera de le nier (y compris les partis nationalistes du type Front National), les populations, elles, s'en aperçoivent. C'est déjà trop tard, les populations de nationalité française ne formeront plus jamais une communauté « une et indivisible ». Nous sommes désormais plusieurs et divisés, et nous allons devoir vivre ainsi pendant au moins plusieurs décennies.

 

La rencontre qui n'aura pas lieu

 

Acte 1

 

Dans un premier temps, la population va vouloir faire corps avec son État. Par peur, elle va naturellement se tourner vers lui, et lui demander de prendre des mesures puissantes, d'être plus fort, quitte même à ce que ça lui coûte sur le plan de ses libertés, déjà fortement réduites de toutes façons.

 

Comportement classique de toute population qui a peur. Élément renforcé, de surcroît, du fait que la population en question soit Française, c'est à dire absolument habituée à devoir tout à l’État, et à attendre tout de lui.

 

Acte 2, concomitant

 

L’État va prendre des « mesures », mais il ne maîtrise déjà plus rien. Ses forces sont trop faibles pour faire face à des populations hostiles en son propre sein. Car, en terme de terrorisme, nous nous exposons encore à deux choses : d'abord, des actes prévus et planifiés comme celui auquel nous avons été confrontés hier (13.11.15), qui ne vont pas s'arrêter de sitôt tant que le Moyen-Orient sera une poudrière ; ensuite, à des actes isolés de jeunes musulmans (comme ce fut le cas à Grenoble avec la tête coupée au mois de juin) qui fantasment l’État islamique. Ceux là sont très nombreux1.

 

Je sais, de sources policière proches (et très haut gradés), que les effectifs sont en sous-nombre et que le renseignement est défaillant. Mais sans même parler de logistique, l’État est désarmé idéologiquement pour faire face : il lui faudrait une énergie, d'autres idées, et, oserai-je, une violence, qu'il n'a pas, qu'il n'a plus.

 

Pire encore, en vertu de son logiciel, et comme c'est le cas pour tous les États défaillants et déjà morts dans l'Histoire, toutes les mesures qu'il prendra ne feront qu'aggraver le mal. Un seul exemple, bien qu'il y en aurait des dizaines : bêtement, il va s'en prendre au trafic d'armes. Mais comme il ne maîtrise plus les banlieues depuis longtemps, qu'il a ouvert ses frontières et qu'il est la proie de mille corruptions, tout ce qu'il pourra faire sera d'empêcher les Français (pas au sens de la carte d'identité, n'est-ce pas) de posséder des armes. De fait, il désarmera des gens qui seront pourtant de plus en plus dans la détresse. Pareillement, il continuera de tenter de désarmer les gens idéologiquement (propagande pour le vivre-ensemble, pas d'amalgames, etc.).

 

Acte 3

 

De fait, la rencontre entre la peur de la population et un État fort qui sera capable de la protéger, n'aura pas lieu. La première, turbide, existe. Le deuxième, et on le verra, n'est déjà plus qu'une fiction.

 

Épilogue

 

Comme à la fin de l'Empire romain et le haut moyen-âge, les gens vont commencer à se détourner des institutions pour tenter de s'organiser d'eux-mêmes. Le monde nouveau commencera : celui d'un monde en grappes.

 

Vous avez la le thème de l'essai que j'écris actuellement, puisqu'on me le demande souvent.

 

Résultat : encore une fois, prenons acte du monde qui décède sous nos yeux et entrons vite dans le suivant. Tout le reste n'est que dilatoire.

 

1 - J'ai moi-même été saisi par le nombre de racailles qui ont une très bonne opinion de leurs « frères » musulmans qui se battent en Orient. Au mois de juillet, j'ai même corrigé (et il a douillé...) un arabe qui, après s'être pris un vent par une jeune fille, la menaçait de lui « couper la tête » comme le font « ses frères ». Ces anecdotes ne manquent pas.   

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Publié le 20 Octobre 2015

Je suis désolé pour ceux qui me suivent, qu'ils soient amis, ennemis ou juste curieux, mais c'est vrai que je suis un peu sorti des écrans radars ces derniers temps. Hormis quelques tweets par-ci par là, et la réponse à un questionnaire sur Nietzsche (au seul prétexte qu'un grand comme Ernst Nolte a répondu au même sur le même site), je n'ai pas fait grand chose en terme d'expression publique.

 

La faute à plusieurs éléments :

 

D'abord, j'ai refusé presque une dizaine de passages télé en trois mois (BFM, Canal +, France 2, etc.) au prétexte qu'ils voulaient me faire parler du Front National et de ses dirigeants, et, si possible, baver sur eux. J'ai franchement autre chose à foutre que de devenir le Lorrain de Saint Affrique du Front mariniste, et autre chose à foutre que de commenter en permanence les dires et les agissements du mouvement pour lequel j'ai donné ma vie pendant cinq ans. Je ne serai pas un astre mort qui continue de tourner autour de l'étoile Le Pen, comme c'est le cas de tellement de loosers ayant, un jour de leur vie, quitté le parti.

 

Il peut m'arriver de commenter parfois deux ou trois trucs du FN sur twitter, mais, d'une manière générale, j'essaie de m'abstenir. Ça ne m'intéresse pas.

 

La faute surtout au travail en entreprise, qui me passionne véritablement et qui demande énormément d'attention. Cette étape est, je pense, obligatoire pour devenir un homme complet. Et elle doit surtout être payante afin d'avoir une toute autre marge de manœuvre pour la suite des événements. Qu'on le veuille ou non, l'argent est le nerf de la guerre.

 

La faute aussi, peut-être, à la volonté de faire désormais un travail en amont, façon d'illustrer mes positions théoriques. Créer une communauté. Faire du réseau. Dans les domaines économiques, sécuritaires, culturels et politique, nous devons nous organiser. Ce travail de l'ombre, si l'on peut dire, est d'une importance primordiale, et pourtant il ne fait pas de bruit. Pas tout de suite en tous cas.

 

Et puis bien sûr, le livre que j'ai commencé à écrire. Je suis peut-être en train de réaliser la chose la plus importante de toute ma vie. Si, au terme de son écriture, il ressemble à ce que j'ai en tête, alors il risque bien de provoquer pas mal de remous. Mais là encore, rien ne sert de trop en faire, de trop en parler, tant que les choses ne sont pas réalisées. Wait and see.

 

Toutefois, on va un peu me voir au mois de novembre.

 

J'ai accepté, avec plaisir, de donner deux conférences. L'une au Carrefour de l'Horloge d'Henry de Lesquen, sur le sujet « L'Etat contre le peuple », et une autre avec Renaud Camus, aux journées de la Dissidence de Jean-Yves Le Gallou, sur l'immigration et l'identité. Je crois aussi que je dois en faire une devant l'Action Française, au sujet du communautarisme, bien que la date n'a pas encore été fixée.

 

Je vais aussi paraître dans l'hebdomadaire allemand « Junge Freiheit ». Je dois répondre à une longue interview, dont une grande part porte sur le Front National. Mais là, j'ai accepté, car ça me fait marrer de faire un coucou à des allemands, comme ça m'a fait marrer de paraître dans le journal hollandais de mon ami Thierry Baudet. Peut-être mettrais-je le texte de mes réponses en Français sur ce blog.

 

Je ne suis pas inquiet pour l'avenir, le mien et celui de ma communauté. Les choses arrivent lorsqu'elles le doivent.

 

Il suffit de garder le regard lointain, et une confiance de fer dans le destin.

 

A bientôt donc !

A bientôt donc !

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Publié le 14 Septembre 2015

NOTA BENE : Des internautes (qui plus est journalistes) sympathiques se sont proposés de traduire mon texte à la jeune fille Allemande, en allemand. Je mets donc ici la traduction.
Merci à eux.  
 
Vor einem Monat geschah es, daß ein kleines deutsches Mädchen von sieben Jahren in Chemnitz (Sachsen) von einem Migranten vergewaltigt wurde. Seine Mutter hatte es in einem Park spielen lassen, das dem Gedenken an die Opfer des Faschismus gewidmet ist, wie es davon viele in Deutschland gibt.
 
Die Meldung davon schlug keine hohen Wellen, und erst einen Monat später erfahren wir davon.
 
Ich wollte ihr etwas schreiben.
 
***
 
Mein liebe kleine Europäerin,
 
Meine kleine Schwester,
 
Du weißt ja nicht.
 
Mein Engelchen, sicherlich verstehst Du nicht was Dir widerfahren ist. Daher erlaube mir es Dir zu erklären, für später vielleicht.
 
Damit Du verstehen kannst, werde ich Dir zuerst ein bisschen Geschichte erzählen müssen. Siehst Du, im letzten Jahrhundert fanden zwei große Kriege statt, die die Europäer traumatisierten. Der zweite, der aus dem ersten folgte, erschütterte die Gemüter ganz besonders. Ein Mann war es gewillt, sein Land wieder aufzurichten und Europa und seine Völker am Höhepunkt ihrer Macht zu bringen, ohne Rücksicht auf alle andere Menschen und alle andere Völker. Viele Verbrechen beging er. Oh, er war kaum der einzige! Jedoch behielten die Leute nur die seinigen im Gedächtnis. “Der Faschismus”, so nannten sie das.
 
Dann kam es, daß dieser Mann, der deutsch war so wie Du, den Krieg verlor. Die USA fassten Fuß in Europa und übernahmen zum großen Teil die Politik und die Kultur der Länder Europas. Was die Europäer betraf, traten sie nach und nach in einem ungeheueren Gefühl der Reue gegenüber der Vergangenheit ein. Sie fingen an sich selbst zu verabscheuen. Zu denken, daß sie böse Menschen waren. Und weißt Du, mein Schatz, wer sich selbst verabscheut, der will sterben, so einfach ist das. Wenn Du Dich für Philosophie interessieren wirst, wirst du auch ein bisschen verstehen können was sich “europäischer Nihilismus”, oder “Krisis Europas” nennt, von großen Herren ins Auge gefasst wie Husserl und Nietzsche. In der Zwischenzeit brauchst Du nur Eines zu wissen : Du bist an einem Zeitpunkt geboren in dem die Erwachsenen um Dich in einem Gefühl der Schuld leben, und im Zustand der sogenannten “Schizophrenie”. Das heißt, sie fühlen sich gleichzeitig froh darüber, daß sie in fortgeschrittenen Gesellschaften leben, aber auch etwas beschämt, das zu sein, was sie sind. Außerdem denken sie, daß ihre Vergangenheit, und die Identität, die aus ihr folgt, keinen Grund zum Stolz geben.
 
Darum, mein Schatz, bauen sie Parks wie denjenigen, in dem Du spieltest. Parks, damit sie daran erinnert seien, wie sehr sie schlechte Personen sind. Sie sind sogar darüber zufrieden, sie sind stolz davon, sich so viele Vorwürfe zu machen. Wenn Du ein bisschen Psychologie an der Uni studieren wirst, wirst du wissen, daß sich so etwas ein perverser Zustand nennt, ein krankhafter Stolz. Du musst wissen, daß dieser Zustand viele Europäer kennzeichnet.
 
Wegen dieses Zustandes, das sie zum Selbstmord treibt, stell Dir sowas vor, haben die Erwachsenen entschieden, Millionen und Abermillionen von Leuten zu holen, die von anderen Ländern als Deins kommen. Warum? wirst Du mich fragen. Nun ja, weil sie Lust haben sich mit Leuten zu mischen, die von ihnen wirklich unterschieden sind, damit sie selber verschwinden. Und auch, weil das den Interessen großer Mächtigen dient, die Völker manipulieren. Ich werde nicht darauf eingehen, Du wirst dich bald selber darüber erkundigen und wirst es schnell kapieren.
 
Inmitten von all dem, mein Schatz, gibt es kleine Mädchen wie Du. Kleine europäische Engel, Träger jeder Menge von Versprechen, wie es Deine Vorfahren waren, die so ungefähr alles erfunden haben auf diesem Planeten. Jedoch muss ich mit Dir ehrlich sein, mein kleiner Schatz : wegen all dem soeben Erzählten, mein Herz, halten die Erwachsenen Dich ein bisschen zum Narren. Den Leuten, die millionenzählig aus Afrika kommen, wirst Du untergeordnet. An der Reihe kommst Du erst nach Leuten wie denjenigen, der Dir wehgetan hat, weil es an solchen Leuten ist, das die Erwachsenen Anteil nehmen. Zudem verbirgt man Tragödien wie die, die Du erlitten hast. Den Leuten lässt man so etwas nicht wissen. Andererseits, wisse, daß es in die Schlagzeilen gekommen wäre, wenn dein großer Bruder jemandem wie diesem Migranten, der Dir wehgetan hat, wehgetan hätte. Man hätte es “dem Faschismus” zugeschrieben. So stehen die Dinge, mein Engel. 
 
Insgesamt fasst sich diese Geschichte so zusammen: während die Erwachsenen über die “Bosheiten” ihrer Vorfahren weinen, wird ihre kleine Tochter von einem Fremden vergewaltigt.
 
Das alles wusstest Du nicht, kleiner Schatz, dafür kannst Du nichts, Du trägst weder die Schuld für die Taten Deiner Vorfahren, noch für die Dummheit der Erwachsenen. Aber Du wirst aufwachsen, und dazu kommen es zu verstehen. Den Schaden wirst du einigermaßen sehen, den die Erwachsenen angerichtet haben, teilweise mit guten Absichten, jedoch oft ihre eigene seelische Ermüdung mit Humanismus und Großzügigkeit verwechselnd, wie Stendhal sagte, ein anderer großer Herr, der unter Deinen europäischen Vorfahren zählt. 
 
Mein Schatz, andererseits will ich Dir ein letztes Ding sagen: trotz des Anscheins und der schrecklichen Welt in der Du geboren bist, bist Du nicht allein. Es gibt mehr und mehr Leute für die Du zählst, und die dazu bereit wären, für eine kleine Europäerin wie Du ihr Leben zu geben. Und diese Leute werden nicht vergessen, was Dir passiert ist.
 
Meine kleine Schwester in Europa, ich umarme Dich.

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Publié le 10 Septembre 2015

Il y a un mois, une petite fille Allemande de 7 ans a été violée à Chemnitz (saxe) par un migrant. Sa maman l'avait laissé jouer dans un parc dédié à la mémoire des victimes des fascismes, comme il y en a beaucoup en Allemagne.

 

L'information n'a pas fait grand bruit, et ce n'est qu'un mois après que nous en prenons connaissance.

 

J'ai eu envie de lui écrire.

 

A la petite fille allemande violée par un migrant

Ma chère petite européenne,

Ma petite sœur,

 

Tu ne sais pas, toi.

 

Mon petit ange, tu ne dois pas comprendre ce qu'il t'est arrivé. Alors, pour plus tard sans doute, permets moi de t'expliquer.

 

Pour que tu comprennes, il va d'abord falloir que je te raconte un peu d'Histoire. Vois-tu, au siècle dernier, il y a eu deux grandes guerres qui ont traumatisé les européens. La seconde, qui est le fruit de la première, a particulièrement choqué les consciences. Un homme a voulu redresser son pays et porter l'Europe et ses peuples au firmament de leur puissance, au mépris de tous les autres hommes et de tous les autres peuples. Il a commis beaucoup de crimes. Oh ! Ce n'était pas le seul, mais les gens n'ont retenu que les siens. Ils ont appelé cela « le fascisme ».

 

Puis, cet homme, qui était Allemand comme toi, a perdu la guerre. Les Etats-Unis ont pris pied en Europe et pris en charge, pour beaucoup, la politique et la culture des pays de l'Europe. Quant aux européens, ils sont entrés peu à peu dans un immense sentiment de contrition à l'égard du passé. Ils se sont mis à se détester. A penser qu'ils étaient des méchants. Et tu sais ma chérie, quand on se déteste, on a envie de mourir, c'est tout simple. Quand tu t'intéresseras à la philosophie ma belle, tu pourras comprendre un peu ce qui s'appelle « le nihilisme européen » ou « la crise européenne » vu par des grands messieurs comme Husserl ou Nietzsche. Mais en attendant, tout ce que tu dois savoir est que tu es née à un moment où les grandes personnes autour de toi vivent dans la culpabilité et dans un état de ce que l'on appelle « schizophrénie », c'est à dire qu'ils sont à la fois contents de vivre dans des sociétés évoluées, mais à la fois un peu honteux d'être ce qu'ils sont. Et puis aussi ils pensent que leur passé, et leur identité qui en découle, ne donnent pas de quoi être fiers.

 

C'est pour ça ma chérie qu'ils font des parcs comme dans lequel tu jouais. Des parcs pour leur rappeler à quel point ils ont été méchants, à quel point ce sont des mauvaises personnes. Ils sont même contents de se détester, ils sont fiers de s'en vouloir à ce point. Quand tu feras un peu de psychologie à la faculté, tu sauras que c'est ce que l'on appelle un état pervers, une fierté morbide. Il faut que tu saches que cet état est celui de beaucoup d'européens.

 

A cause de cet état qui les pousse à se suicider, figures toi que les grandes personnes ont décidé de faire venir des millions et des millions de gens d'autres pays dans le tien. Pourquoi vas-tu me demander ? Eh bien parce qu'ils ont envie de se mélanger avec des gens vraiment différents pour disparaître, et aussi parce que ça sert les intérêts de gros puissants qui manipulent les peuples. Je ne vais pas entrer dans ces explications, tu te renseigneras un peu plus tard et tu comprendras vite.

 

Au milieu de tout cela, ma chérie, il y a des petites filles comme toi. Des petits anges européens, porteur de plein de promesses comme tes ancêtres qui ont à peu près tout inventé sur cette planète. Mais je dois être honnête avec toi ma petite chérie : à cause de tout ce que je viens de te raconter, les grandes personnes se moquent un peu de toi. Tu passes après les gens qui viennent par millions d'Afrique, tu passes après l'intérêt qu'ils portent à des gens comme celui qui t'a fait du mal. D'ailleurs, on cache des tragédies comme celle que tu as vécue. On ne le fait pas savoir aux gens. En revanche si ton grand frère avait fait du mal à quelqu'un comme le migrant qui t'a aggressé, sache que cela aurait fait la une de partout. On aurait incriminé « le fascisme ». C'est comme ça mon ange.

 

En somme, cette histoire se résume ainsi : pendant que les grandes personnes pleurent sur les "méchancetés" de leurs ancêtres, leur petite fille se fait violer par un étranger. 

 

Tu ne savais pas tout cela petite chérie, tu n'y es pour rien, tu n'es fautive ni des actes de tes ancêtres ni de la bêtise des adultes. Mais, en grandissant, tu comprendras. Tu verras un peu tout le mal que les grandes personnes ont fait, en pensant parfois bien agir, mais en prenant souvent l'étiolement de leur âme pour de l'humanisme et de la générosité, comme disait Stendhal, un autre grand monsieur qui compte parmi tes ancêtres européens.

 

Ma chérie, en revanche, je veux te dire une dernière chose : malgré les apparences et le monde horrible dans lequel tu es née, tu n'es pas seule. Il y a de plus en plus de gens pour qui tu comptes, et qui seraient prêts à mourir pour une petite européenne comme toi. Et ces gens n'oublieront pas ce qui t'est arrivé.

 

Je t'embrasse ma petite sœur en Europe.

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Publié le 13 Juillet 2015

Affaire Le Pen

 

Le Pen est une tête de mule. A 88 ans, il n'est décidément pas prêt à lâcher le morceau. Et ce morceau, le sien, sa viande grasse, c'est le parti frontiste. Celui-ci est tellement innervé de Lepénisme que je me demande parfois s'il serait toujours viable sans son fondateur. Certes, Marine, et maintenant Marion, perpétuent le mouvement du sang « Le Pen » dans la machine frontiste. C'est un peu l'essence du véhicule. Mais ce sang nouveau, si gorgé de qualité qu'il est, n'est pas aussi bouillant, aussi combatif, aussi retors même, que celui du désormais (encore) président d'honneur. Pourtant, Marine tient sa barque. Non seulement elle n'a plus besoin du père, mais il apparaît qu'elle a surtout besoin qu'il disparaisse. Elle s'est hissée à la tête du premier parti populiste français. Partis populistes qui, partout en Europe, sont assurés de faire au moins leur 20% à chaque élection. Mais le « produit » Marine  est sans doute plus périssable que le « produit » Jean-Marie , et le « produit » Marion encore trop incertain. Le système a viscéralement besoin de son extrême-droite, et Jean-Marie, avec sa gouaille, ses épaules, son passé, avait pu signer un contrat à durée indéterminée avec lui. Quant au reste, rien n'est moins sûr. Alors, sans n'avoir aucune certitude en ce domaine, je me demande parfois si, d'une façon quasi mystique, le parti lepéniste pourrait survivre sans Le Pen. Je crois qu'avec la disparition du « vieux », la monarchie lepéniste, qu'il soutenait et encourageait sans cesse, dépérira naturellement. Dès lors, le mouvement patriote, incarné par le FN, a de fortes chances de changer profondément dans les années à venir.

 

Les leçons de Luciano

 

J'ai terminé ce weekend le testament du célèbre gangster américain Charles « Lucky » Luciano. Si j'étais producteur, je m'empresserai de réaliser une série sur sa vie, qui pourrait courir sur 3 ou 4 saisons tant sa vie relève du fantastique. Son succès serait phénoménal. Si passionnante qu'est sa vie, elle est aussi très éclairante. En terme de stratégie de puissance et de gestion des hommes, Luciano pourrait donner de sacrées leçons à nos hommes politiques. Intéressante fut aussi la plongée dans l'Amérique des années 20 à 60. Chez eux, pas de chichis, pas d'hypocrisie autour des communautés. Luciano prend un ami dont le nom a une consonance irlandaise (Costello) pour frayer avec les policiers et les politiques, car, selon lui, « ça passe mieux ». Il prend un ami juif pour s'occuper des comptes. Il réserve les postes stratégiques de cosa nostra aux siciliens. Et tout cela passe comme une lettre à la poste. C'est accepté. Normal. Aux Etats-Unis, on attribue des qualités et des défauts aux différentes communautés et on ne pleure pas sur les méchants amalgames. Cela n'empêche pas que des amitiés puissent naître sur les passerelles entre communautés, et que celles-ci puissent travailler ensemble, mais on assume les réalités. Encore une fois, puisque le phénomène communautaire existe désormais en France, je trouve qu'il est plus honnête et plus salutaire de lui retirer le mal supplémentaire qui consiste à le nier. Le défi du communautarisme est déjà assez conséquent pour qu'on lui retranche l'hypocrisie qui l'enveloppe.

 

La population grecque

 

J'ai souri quand j'ai vu se multiplier sur les réseaux sociaux les images d'hoplites athéniens ou spartiates s'opposant à la BCE et à l'UE allemande tandis que la crise grecque était à son acmé. En terme de population, je me suis amusé à dire sur Twitter qu'il y avait plus de rapports ethniques entre un allemand d'aujourd'hui et un grec des temps héroïques (Illiade) et classiques (Périclès) qu'entre ces mêmes hellènes et les grecs actuels. Achéens comme Doriens étaient des nordiques, alors que le grec qui vit désormais sous le soleil du Péloponnèse est plutôt sémite. Voilà un sujet qui est absolument tabou, et l'évoquer simplement est déjà un motif de suspicion. Pourtant, rien n'est plus exact que de constater qu'avec les métissages, les populations changent de visage, et la Grèce basanée d'aujourd'hui a autant de différences avec la Grèce antique qu'aurait la France du 19e siècle avec la France du 22e siècle qui aurait assimilée à elle les 20 millions de personnes d'origine africaine et maghrébine qui sont sur son territoire. Simples faits. Même pas de jugement de valeur. Juste l'ironie de voir les héritiers ethniques des hellènes (l'Europe du Nord) s'en prendre avec tant d'acharnement aux grecs qui, il y a deux mille ans, étaient leurs frères, quand ils ne sont aujourd'hui que leurs lointains cousins.

 

Le passé qui ne passe pas

 

De même, sur la Grèce, il est frappant de voir à quel point le passé, et même le très lointain passé, peut encore avoir une incidence sur les temps présents. Si la Grèce du 21e siècle importe tant dans le débat, c'est aussi – et peut-être surtout – parce qu'elle est encore éclairée du prestige de son antiquité. Sans ce prestige qui la fait reluire, la Grèce serait l'équivalente d'un pays comme l'Albanie ou la Moldavie, et, dirais-je un peu méchamment, tout le monde s'en foutrait un peu. D'accord, il y a ses jolies îles et son soleil, mais il y a surtout les ruines du Parthénon et ses noms éternels. Rien que les références à la démocratie prouvent cet étonnant phénomène : si on s'inquiète de la démocratie grecque face à la tyrannie de l'UE, c'est, pour beaucoup, parce qu'elle est née là-bas. Il est extraordinaire de constater à quel point le passé peut encore être un acteur majeur des canevas politiques contemporains.

 

Macron, le Roi et la France

 

Emmanuel Macron a été critiqué pour une réflexion qui me paraît tout à fait juste, et qui touche un point essentiel de la France. La république ne supporte pas qu'on puisse vanter les mérites de la monarchie, et encore moins qu'on lui rappelle que ce qui tient chez elle est, précisément, ce qui a été directement emprunté à la monarchie. L'incarnation d'une Nation dans un homme. Un point pivot vers lequel va la volonté générale. Autrefois le Roi, désormais le président. Macron, homme cultivé, sait cela. Il doit savoir que cela tient au caractère très particulier de la nation France, caractère qui est à la fois sa plus grande faiblesse et sa plus grande force. Nation culturelle, construction historique sur un amas de peuples différents, sa puissance réside dans une unité qui se doit d'être incarnée, et sans laquelle elle retombe comme une famille éclatée qui n'aurait plus de papa pour guider et sévir. Je crois toutefois que ce caractère est désormais trop accusé, et que les contradictions internes françaises sont si grandes qu'il est quasiment impossible que la Nation se recoiffe d'elle-même d'un monarque ou d'un Bonaparte. Ces contradictions vont s'aiguiser encore un peu plus avec le temps, d'autant que sont venues s'ajouter à elles des nouvelles contradictions appartenant à l'immigration et au multiculturalisme. Ces poids et ces réalités devraient accompagner la nécessité d'une nouvelle réflexion sur l'Etat, réflexion qui pourtant est totalement inexistante aujourd'hui, tant la pensée intellectuelle et politique ne fait que s'acharner à ne vouloir que restaurer. Quand on aura compris que l'Histoire ne restaure jamais rien, j'ai parfois peur que ce sera trop tard, et que celle-ci nous sera passée dessus.

 

 

 

 

 

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Publié le 6 Juillet 2015

Le tonneau des danaïdes

Le tonneau des danaïdes

Note rapide sur la Grèce

 

Le peuple grec a rejeté hier (05/07/15) les nouvelles mesures d'austérité imposées par l'Union Européenne pour tenter d'endiguer un peu son endettement. Mais ils veulent rester dans l'euro. Contradictions et inconséquences.

 

Reprenons depuis le début

Les grecs ont vécu à crédit pendant des années, à l'aide des subsides européens et des taux d’intérêts exceptionnellement bas que permettait l'adoption de la monnaie unique.

 

Cibler les culpabilités

La faute originelle incombe aux préteurs. Quelle folie d'avoir introduit la Grèce dans l'euro et de leur avoir fourni, les yeux fermés, pendant tant d'années, autant de milliards.

L'on connait aussi le rôle pernicieux joué par la finance américaine, notamment par Golman Sachs. Leur spéculation en vue d'affaiblir la zone euro a été déterminante.

 

La culpabilité dans cette crise se décline ainsi :

1- La nuisance de Wall Street : En particulier les rapports mensongers de Golman Sachs sur l'économie grecque, qui poussaient à lui prêter sans trop regarder.

2- La naïveté européenne : L'idée saugrenue d'introduire une économie aussi faible structurellement que la Grece dans la zone euro.

3- La légerté grecque : L'incapacité à prévoir et à préparer l'avenir par des reformes structurelles. Argent dépensé sans scrupule.

Une fois la culpabilité de chacun mise en exergue, passons à la situation actuelle.

 

Tsipras et le peuple grec ne veulent plus de l'austérité, et la moindre des choses est de les comprendre. Baisse du pouvoir d'achat, fermeture des services publiques, fiscalité contraignante... De manière aussi violente et aussi soudaine, c'est insoutenable. On pourrait même remarquer que les grecs n'ont pas trop bronché compte tenu de ce qu'ils ont subi. A titre d'exemple, imaginez que l'on baisse d'un coup de 30% tous les salaires des fonctionnaires français. Inutile de préciser le bordel que cela foutrait.

 

Que des mauvaises solutions

Le souci est que toutes les solutions autres que l'austérité semblent aussi insoutenables.

Solution 1 : L'austérité. Contraction de l'économie, endettement qui se creuse. L'austérité ne marche pas, on le sait désormais.

Solution 2 : Une relance. Mais en Grèce, on relancerait quoi ? Ayant trop peu d'industries, l'argent ainsi réinjecté se perdrait dans le tonneau des danaïdes, et de toutes façons, personne ne voudrait payer.

Solution 3 : Le statu quo. Annulation de la dette grecque et maintien dans l'euro. Mais cela serait un très mauvais signal envoyé aux autres pays qui ne maîtrisent pas leur endettement, et n'inciterait pas les grecs à plus de sérieux.

 

Que faire donc ?

A mon avis, il faudrait une solution mixte .

La sortie de l'euro ?

Oui. Il le faudra bien. Mais le problème est que les grecs savent très bien que dans un premier temps (et dans un premier temps qui risque d'être long), cela signifiera pour eux une grosse perte de pouvoir d'achat, déjà bien entamé. C'est la raison pour laquelle l'extrême-gauche grecque ne propose pas (encore) un grexit.

Il faudrait faire un pacte avec la Grèce :

1 – Qu'elle continue ses réformes avec sérieux, notamment dans sa capacité à collecter l'impôt.

2 – Qu'elle sorte de l'euro, et que le retour à la Drachme permette, à terme, une relocalisation de sa consommation intérieur, et donc, peut-être, un aiguillon pour sa production.

3 – Qu'une partie de sa dette européenne soit annulée. De toutes façons, ils ne la rembourseront pas.

4 – Qu'elle mette en place une fiscalité incitative pour les investisseurs étrangers, à l'Irlandaise. Vu le niveau de pauvreté qu'elle a déjà atteint, autant qu'elle se transforme en un semi-paradis fiscal pour les investisseurs.

Ce pacte pourrait être négocié et garantie avec la BCE, qui s'engagerait à soutenir la Drachme et les banques grecques en cas d'attaques trop violentes de la finance US et d'une trop grande dépréciation de sa monnaie.

 

Tout bien considéré, je n'imagine pas d'autres solutions de sortie de crise. 

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Publié le 22 Juin 2015

Cher Michel,

 

 

D'abord, Michel, permets moi d'être franchement familier. C'est qu'on a quelques amis en commun, et c'est surtout que tu fais, somme toute, un peu parti de ma famille. Voilà des années et des années que tes livres traînent sur la table du salon de mon père. Je crois les avoir tous vu passer, au moins depuis La politique du rebelle. Je ne compte pas les fois où l'on parla de toi au repas ; moi t'enfonçant, mon père te défendant, toi dont le parcours ressemble au sien, comme il ressemble à tant d'hommes de ta génération (ce qui explique une partie de ton succès). Jeune provincial éduqué à l'ancienne chez les bonnes sœurs et jeté d'un coup, à l'âge d'homme, dans le post-modernisme et ses valeurs hédonistes : un grand classique, presque un poncif générationnel. Tu me pardonneras donc, j'espère, le tutoiement et les quelques grossièretés qui vont suivre.

 

Michel, je t'ai longtemps pris pour un con. Un vrai con, comme les autres. Un petit moderne qui se piquait de penser. Un gros gauchiste de plus de l’intelligentsia médiatique. Un béat de 68, un progressiste, un athée militant, un droit-de-l-hommiste content de lui, un libéral-sociétal qui faisait encore des caprices de gosses pour obtenir, toujours, plus de droits. Liberté. Fraternité. Amour. Tolérance. Gentils immigrés. Méchants capitalistes. Et prout-prout.

 

Puis tu as évolué. Ça m'a un peu surpris, mais, très vite, j'ai été plutôt surpris de ma propre surprise, car j'aurais du deviner. Un nietzschéen obligé de frayer avec le Paris mondain, ça ne peut donner qu'un réactionnaire. Un jour ou l'autre, ça devait arriver. J'aurais du y penser. Du coup, je t'ai même rendu hommage sur mon blog (http://www.rochedy.fr/2015/04/michel-onfray-encore-un-effort.html). Je louais tes changements soudains de points de vue. Non seulement tu t'en prenais à ce monde décadent (je me permets le mot car tu te le permets toi-même en ce moment), mais en plus tu te payais le luxe de découvrir la pensée de la Tradition : l'immanence de la terre (avec un T majuscule ou minuscule), les valeurs archaïques de l'honneur, de la parole, de la droiture, de la force, etc. Tu découvrais même la pensée des cycles contre celle du progrès ! Quel progrès ! Je ne pouvais qu'applaudir. Bravo Michel. Rien à dire. Pour moi, tu n'étais plus un con.

 

Le problème Michel, c'est que tu as beau être sorti de la catégorie des cons, tu es entré dans celle des salauds. Finalement, c'est peut-être pire.

 

Avant de te dire pourquoi, autorise moi juste une petite remarque, gratuite et méchante. Elle n'est pas un peu tardive ton évolution ? Coucou Michel ! J'écoutais dernièrement, pour le plaisir, une émission d'une heure qui t'était consacrée en 1997. L'horreur absolue. En face de Finkielkraut, qui était ton interlocuteur et qui avait déjà pris pas mal de temps d'avance intellectuel sur toi, tu défendais encore toutes les libertés possibles et inimaginables, tu parlais du devoir des européens à accueillir le plus d'immigrés possibles, tu parlais des bienfaits de 68, notamment de la destruction du principe d'autorité, en particulier à l'école, et tu continuais Michel, tu chantais les lendemains égalitaires, tu bavais de sentiments moraux, tu pleurnichais comme les autres. C'était en 97 et c'était à gerber ! Tu étais encore un jeune gauchiste ! Et tu le fus longtemps. Et maintenant ? Eh ben Michel ! Oh, comme c'est étrange, maintenant tu pestes contre la médiocrité des politiques, de l'éducation nationale et de la culture, maintenant tu annonces que notre civilisation européenne est morte et qu'elle risque de se faire submerger par des méchants islamistes. Coucou Michel ! Réveil matin ! 2015, tu découvres que tes anciennes idées ont produit le monde de merde que tu vomis désormais. Dring dring ! Trente ans de retard. Rendez-vous loupé avec l'Histoire. 

 

Pareil pour ta philosophie dans ton dernier livre Cosmos Michel ! Là c'est grave quand même. Toi qui a commencé à réfléchir avec Nietzsche, voilà que quarante ans après tu retournes à lui. Tu redécouvres la métaphysique nietzschéenne de l’immanence. Moi, je l'ai lu à 15 ans et j'y suis resté. Toi, tu as erré pendant quarante ans pour t’apercevoir qu'enfin, c'était lui qui avait raison. Coucou Michel ! Quand au reste de Cosmos (très bon), bah Michel, c'est juste la philosophie des penseurs de la nouvelle droite, avec seulement quelques chichis et quelques prodomos que tu as encore besoin d'ajouter. Franchement Michel, tu as perdu un temps fou.

 

Tu pourrais m'objecter, comme on dit, vaut mieux tard que jamais. C'est vrai. Mais bon, en fait, on pourrait presque croire que tu es surtout un bon filou. Tu es toujours à la mode en quelque sorte. C'est habile. Quand la pensée à la mode était la pensée libérale (au sens américain, en Français : gauchiste), tu en étais un magnifique représentant. Maintenant que ça a basculé, maintenant que la société est devenue pessimiste et que ce sont plutôt les Zemmour qui cartonnent en librairie, tu te découvres réactionnaire. Habile ! Tu as raison en fait : en matière mondaine, littéraire et politique, rien ne sert d'avoir raison avant tout le monde, il faut avoir raison à temps. Même si c'est un peu tard.

 

Mais cela dit, je me plante quand je dis que tu es devenu réactionnaire. Le mot est mal choisi pour toi, car un réactionnaire, par définition, ça veut réagir. D'ailleurs, le problème vient de là, et c'est ce qui fait que tu es un vrai salaud.

 

Je te raconte juste une petite histoire avant de m'expliquer :

 

Dans ma petite vie, j'ai eu la chance d'avoir, comme tout le monde, des milliers de discussions. Des amis, des collègues de travail, des inconnus en soirée, la famille. Autour d'un verre, d'un café, ou juste dans la rue. Armé de mes idées et tandis qu'on s'aventurait à parler politique ou histoire, j'en ai convaincu plus d'un à propos du caractère profondément médiocre de notre post-modernité. Aujourd'hui, tu me diras, ce n'est pas bien difficile, mais pardonne moi quand même cet orgueil : je crois avoir fait plusieurs fois des noeux à la tête de bons petits gauchistes, ou simplement des indifférents, qui pensaient encore être nés à une époque formidable, joyeuse et pleine de vie. J'ai introduit le pessimisme dans leur petite tête gonflée de la vanité du présent. Mais souvent, alors que je voyais la bête enfin s'incliner et opiner du chef face à mes arguments, j'ai vu ce qu'il y a de pire au monde et ce à quoi je ne m'attendais pas : j'ai vu le fatalisme. Moi, tu comprends, quand je dis que nous vivons une époque de merde, c'est pour tout faire pour en changer. Au lieu de cela, j'ai vu des dizaines et des dizaines de personnes (et des jeunes notamment...), une fois d'accord avec mes sentences sur le temps présent, terminer la conversation par des réflexions du genre « puisque c'est comme ça je ne ferai pas d'enfants », « bah, on va mourir donc c'est pas grave », « tant pis quoi ». Horreur et damnation. Moi qui pensais toucher leurs cordes de la révolte, voilà qu'elles n'émettaient plus aucun son. Je crois que je préférais encore quand ils n'étaient que de simples béats un peu idiots. En fin de compte, je regrettais qu'ils voient clair.

 

Cette histoire terminée, je peux te dire pourquoi tu es en vérité un beau salaud. J'ai vu ta conférence à Nice, datée du 3 juin 2015. Je t'ai vu débiter, avec plaisir, les vérités sur la dégénérescence de notre civilisation. Puis tu as commis (par trois fois !) le pire des péchés contre la vie Michel, celui-là même contre lequel notre maître commun, Nietzsche, nous mettait en garde. Tu as dit, expliqué, justifié, qu'il ne fallait plus faire d'enfants. Tu as même fait applaudir toute la salle sur cette idée (et des femmes ! Je répète : des femmes !!). La civilisation européenne était morte, elle allait sans doute se faire remplacer, et il ne restait plus qu'à aller s'enfermer dans le jardin d'Epicure. Salaud. Triple salaud. Tu professes pendant quarante ans les idées qui ont conduit à cette déchéance, puis un matin tu te réveilles et continues à vendre des livres en disant que finalement tout ça sent la catastrophe, puis tu déclares que tout est foutu et qu'il ne faut même plus se battre ni faire d'enfants. Tombée de rideau. Boucle nihiliste. Salopard de première.

 

Michel, je te crois si intelligent que je ne te crois pas capable de ne pas voir le profond nihilisme dont tu fais état, et je te crois assez nietzschéen pour savoir que ce nihilisme est l'horreur absolue. Tu le sais Michel, la volonté du néant (consciente ou non) est à laisser aux autres, aux esclaves, aux êtres du ressentiment, ceux-là même que tu as souvent pourfendu dans tes livres. Alors pourquoi, Michel ?

 

On me dit que tu as voulu des enfants mais que tu ne pus en faire avec ta femme, malade et morte jeune. Je respecte profondément - je n'ai rien à dire. Mais Michel, toi le nietzschéen, je sais que tu sais qu'en vérité toutes nos pensées ne sont que des symptômes de notre propre vie, et, surtout, des tentatives de justifications de soi. Ça, je le sais, et tu le sais aussi (puisqu'à la suite de Nietzsche, tu l'as toi même écrit). Mais Michel, si tu le sais aussi bien, tu dois savoir que les grandes âmes parviennent également à réfléchir, de temps en temps, contre elles-mêmes (ci-contre disait Nietzsche). Penser contre soi. Ta vie n'est donc pas une excuse Michel. A dire qu'il ne faut plus faire d'enfants, tu ressembles à quelques uns de ces anachorètes des pires sectes chrétiennes d'antan, pleines de ressentiment et de haine contre la vie, tout ce que tu abhorres, tout ce contre quoi tu es censé t’ériger.

 

Voilà mon cher Michel. J'ai appris, compte tenu de tes évolutions, à être patient avec toi. Échappé du camp des cons, essaye de ne pas entrer dans celui des pires salauds, car entre un homme qui croit, même à de mauvaises choses, et un autre qui ne croit plus en rien, je pense que je préfère encore le premier. Et le pire, c'est que je suis sûr que toi aussi.

 

Bien à toi,

 

 

 

La conférence en question.

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Publié le 30 Avril 2015

 

Réactions à chaud à l'article du Nouvel Obs sur « les fachos contre Le Pen », où je suis mis à côté, à cause de ma tribune dans Valeurs actuelles, d'un type comme Jérome Bourbon, lequel me traitait de juif et de pédé il y a encore deux ans, et qui mérite de grosses baffes pour ça.

 

Mettre dans le même sac les critiques d'extrême-droite de la dédiabolisation du FN et les critiques mesurées sur les options stratégiques du FN actuel, c'est un très beau coup du système.

 

Pourquoi ?

 

Parce qu'un FN d'extrême-droite qui parle de Pétain, des juifs et de l'Algérie fait légitimement peur au gros de l’électorat dit « de droite », (travailleurs indépendants, petite bourgeoisie, retraités), mais un FN qui pratique le ni-droite-ni-gauche-ni(surtout)droite et néglige volontairement d'envoyer ne serait-ce que des petits signaux à cet électorat se destine à ne faire jamais plus de 30% et à être toujours dépassé par la droite classique qui trahit pourtant régulièrement ce même électorat.

 

Bref, si le débat se cristallise autour de « Ex-Droite versus Philippot » (ce que veut le système, et ce que veut bien entendu ce même Philippot, afin de faire taire toutes les critiques contre lui en les caricaturant), alors nous ne sommes pas sortis de l'auberge, et « l' UMPS » a de beaux jours devant lui. Quand je dis « Philippot », je parle de celui qui incarne le mieux les choix stratégiques actuels du FN, bien que – j'en sais quelque chose – c'est plus complexe que cela.

 

Personnellement, je soutiens à 100% la dédiablolisation du FN, car dans le cadre de la politique démocratique, rien ne sert de donner des armes à l'adversaire. On discute, on débat et on s'engueule sur Pétain au coin du feu ou autour d'une bonne bouteille, pas dans l'espace politico-médiatique. Pour autant, cela ne signifie pas être en accord avec toutes les stratégies de communication de ceux là mêmes qui se prennent dans la gueule les râleurs d'extrême-droite.

 

Entre Chevénement et Jérôme Bourbon, il y a un espace, merde. Le pire c'est que je crois même qu'entre les deux, il y a 51% des électeurs.

 

A bon entendeur.

 

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Publié le 20 Avril 2015

Système nietzschéen

 

Vaguant à une inoccupation, j'écoutais, en podcast, une émission du sémillant Enthoven qu'il tient sur France culture. Celle-ci était consacrée à Nietzsche, et j'aime le style du jeune Raphael, car même s'il est ampoulé et théâtral jusqu'à la caricature, cette caricature est bien faite, ses traits sont bien dessinés, en somme : il existe. Cela rebondit ; ça résonne. Bref, tandis que je profitais de ses approches de l'oeuvre nietzschéenne, si différentes des miennes, une pseudo-vérité me rappela ce que je m'étais promis d'écrire tantôt. Enthoven dit un poncif, au détour d'un de ses développements, « Il n'existe pas de système nietzschéen ». Poncif, oui, car depuis des années je n'entends que cela, or, bien entendu, je crois la chose complètement fausse. On dit qu'il existe des concepts nietzschéen, mais pas de système, c'est à dire une vision des choses cohérente et ordonnée, un tout renfermant une explication globale du monde et des hommes. Je pense moi qu'il existe non seulement une métaphysique totale de Nietzsche, mais qu'il existe encore mieux : une grille de lecture, presque aussi systématique que pût l'être une platonicienne, kantienne, hégélienne ou marxiste. Parce que je me trouve en face de ce qui me paraît être une contre-vérité, entendue partout et tout le temps, alors je crois que je vais me concentrer, à mes quelques heures perdues, pour écrire un petit essai sur le sujet. Je crois avoir déjà une esquisse de titre en tête.

 

Ecrire à nouveau

 

Dimanche dernier, je voulais profiter de mon après-midi à ne rien faire, car il me semblait que j'en avais besoin. Ne rien faire signifie surtout, chez moi, ne parler à personne. Mes activités, mes amours et mes amitiés, me prennent trop de baves, et j'ai souvent besoin, à la manière du sperme, de laisser au repos mon organe, comme s'il devait se remplir à nouveau. Or, c'était oublier que j'avais un rendez-vous. En bas de chez moi vers 16h se tenait TB, un intellectuel hollandais rencontré il y a quelques années, qui devait m'interviewer pour un journal de là-bas. Je descendis les marches de mon escalier la mort dans l'âme, contrit que je dusse, encore, ouvrir ma gueule. Ce dimanche là à la terrasse d'un café, nous parlâmes surtout de philosophie politique, et finalement, je m'en trouvai ravi. Cela faisait bien longtemps. Les affaires, la politique, et les gens d'aujourd'hui, ne permettent pas vraiment de parler un peu philosophie. Je dus réanimer très rapidement nombre d'idées et de concepts que j'avais enfouis en moi pour ne pas paraître bêta devant quelqu'un qui en fait profession. Cette résurrection fut complète en mon sein, et voilà que ce désir vit à nouveau. Ecrire en tentant de toucher des choses un peu plus profondes que la petite pensée journalière, écrire pour un plus petit nombre, mais pour les gens les plus précieux, voilà ce dont j'ai envie à nouveau. D'autant qu'un camarade m'a dit vendredi soir qu'un type qu'il connait, un professeur qui écrit régulièrement dans de grands journaux (le Fig par exemple), était tombé sur Le Marteau et avait, lui dit-il, « adoré ». Peu de gens l'ont lu, mais tous ceux qui s'en acquittèrent m'en firent compliment. Ça me galvanise. Ce que j'ai fait à 20 ans, je peux le faire aujourd'hui, en beaucoup mieux même. 

 

Quelle heure sera-t-il demain ?

 

Ecrire d'accord, mais quoi ? TB me demanda au moins trois ou quatre fois : exactement, qu'est ce qui ne va pas aujourd'hui ? Et je dus préciser les désordres de ce monde, ce qui, pourtant, est aujourd'hui expliqué par bien des penseurs. Finalement, la conclusion que nous eûmes tous les deux, est que nous étions bien sevrés des constats de déclins et de leurs explications. J'aime, à ce titre, discuter avec mon associé et ami qui, lui, ne pense toujours qu'à l'avenir, qu'aux portes qu'il sera possible d'ouvrir ou non. Alors, j'ai quelques idées sur un discours à propos d'un nouvel humanisme européen qu'il nous faudrait viser. J'ai déjà commencé à réfléchir là-dessus hier matin en prenant un petit déjeuner avec ma blonde qui, tandis que je fixais l'horizon comme un penseur ou comme un imbécile, lisait Christopher Lach. Ceci dit, avant de m'y mettre, je devrais écrire l'essai sur Nietzsche, car de toutes façons, une analyse poussée d'une véritable métaphysique nietzschéenne, serait comme un prélude à toutes études sur une nouvelle prophylactique européenne.

 

Attention à la politique

 

Éloigner mon regard des choses des jours pourrait me permettre de prendre un peu plus de distance avec la politique, car avec ma tribune dans Valeurs Actuelles sur la stratégie du FN, c'est par centaines que j'ai pu compter les différents coups de fil, messages, invitations à parler, encore, que ce soit à des journalistes ou à des militants. Ça me barbe profondément, d'autant que si je me concentre sur le FN tandis que j'ai cessé d'en être un pur militant, je risque de devenir comme l'un de ces connards qui, après avoir quitté le navire, passent leur temps à ne parler que de celui-ci, souvent en mal, pour se trouver toujours éternellement des justifications à leur départ. Certes, j'ai bien des choses à dire, et j'hésite encore entre fermer ma gueule et laisser faire les choses, réaliser une longue vidéo d'entretien sur le sujet ou même écrire un livre sur le Front National de Marine Le Pen. Je ne sais encore, j'hésite beaucoup. Tiens, je viens de voir à l'instant (20/04/15, à 21h), que le FN se fendait d'un nouveau tract sur l'euro, mal foutu, bien peu de choses pour convaincre tous ces millions d'électeurs qui doutent beaucoup de la solution miracle de la sortie illico presto de la monnaie unique. J'en viens à penser parfois que l'euro risque d'être à Marine ce que le détail fut à Jean-Marie. Voilà deux éléments qui furent pour eux fondateurs de leur carrière politique, mais qui n'en demeurent pas moins des erreurs, au moins, disons, de communication (en cela qu'ils sont tous les deux anxiogènes), mais sur lesquelles ni Jean-Marie ni Marine ne veulent revenir. Le premier s'accroche à la justification de sa sortie de 87 et jamais ne voulu faire machine arrière, pensant que, de toute façon, c'est lui qui avait raison. Marine, quant à elle, fait exactement la même chose, elle s'accroche et persiste dans cette idée alors même que tout interroge sur sa pertinence politique (en tous cas d'un point de vue électoral, car dans le fond, elle a sans doute raison...). Psychologiquement, cela révèle en tous cas que Marine est bien la fille de son père. En bien comme en mal.

 

En fin de compte, oui, je vais me replonger dans des idées un peu plus profondes, le temps, comme toujours, que notre impuissance passe.

 

Et tiens, une photo d'une séance faite pour un pote samedi, qui vient de lancer sa marque, "Ancrage" (que je recommande) et qui voulait que je pose pour elle.

Et tiens, une photo d'une séance faite pour un pote samedi, qui vient de lancer sa marque, "Ancrage" (que je recommande) et qui voulait que je pose pour elle.

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Publié le 14 Avril 2015

Michel Onfray, encore un effort

Je m'en veux un peu. Dans mon premier livre, Le Marteau, je m'attardais assez violemment, et dans tout un chapitre, sur le cas Onfray. Il représentait à mes yeux la pire caricature du nietzschéen de gauche qui allait chercher chez mon maître de quoi s'en prendre aux religions, au prétexte, très philosophique, qu'elles n'étaient pas très gentilles. Son Traité d'athéisme m'était tombé des mains tant la niaiserie morale y tenait lieu de seul argument. Mais je n'avais pas prévu. Je ne l'avais pas vu venir. J'avais sous-estimé son intelligence. Depuis, Onfray s'est amendé et se rapproche peu à peu d'une pensée en tous points traditionaliste.

 

La lecture, ceci dit, du Désir d'être un volcan, aurait du me mettre la puce à l'oreille. Entre le rapport d'Onfray à son père, à la terre et à De Gaulle, j'aurais du me dire que cet artisan de la philosophie, qui se croit de gauche, avait toutefois une belle marge de progression. Il aurait du me paraître étrange, en effet, qu'un homme de petite condition provinciale, quand même un peu nietzschéen, rejetant tout à la fois Paris et son marais de mondains, puisse rester longtemps avec comme seule pensée une guimauve libertaro-gauchiste. Il s'est cabré, a évolué, et même s'il ne s'en rend sans doute pas vraiment compte, ce qu'il entend encore par « être de gauche » est en réalité une sorte d'aristopopulisme que l'engeance bien-pensante classe vite jusqu'à l'extrême-droite.

 

Pour s'en convaincre, il faut l'entendre en ce moment faire l'éloge des vertus de son père comme le sens de l'honneur, de la parole donnée, du devoir et de l'intelligence des paroles parcimonieuses comparées à l'indécence des bavardages. Il faut l'entendre parler des petites gens qui s'organisent en coopératives pour exceller en un travail utile, juste et proche de la terre. Il faut le lire, dans son dernier livre, en appeler à une sagesse grecque et païenne du cosmos, laquelle, panthéiste et immanente, est la forme de pensée métaphysique parmi les plus anciennes du monde indo-européen. Il faut attendre, aussi, son prochain livre, dans lequel il va toucher au principe philo-historique de décadence des civilisations, adoptant, par là, la pensée traditionnelle des cycles contre la pensée de gauche, qui croit, elle, au progrès. Et puis, bien sûr, il faut le voir traiter de crétins tout ce que la politique actuelle compte de médiocres, le voir s'en prendre aux idoles modernes comme Freud et Sartre, et le voir envoyer des piques régulières aux idioles* Attali et BHL. Je passe sur les critiques contre la théorie du genre et sur le rôle dévoyé de l'école.

 

Tout ceci est signé. Je le répète : sans s'en rendre forcément compte, Onfray s'est rapproché de la pensée traditionaliste, dont on peut dire qu'elle est une pensée de droite, même si celle-ci est fort éloignée de la droite libérale actuelle. Peut-être d'ailleurs que la clef de cette évolution est là : qu'importe aujourd'hui ce qui s'appelle encore la gauche et la droite, la vrai problème politico-philosophique de l'époque est celui de la civilisation libérale dans laquelle nous vivons. Ne pas la trouver formidable, comme BHL, conduit nécessairement au traditionalisme, qui est sans doute son seul véritable adversaire. Comme Michéa, comme Finkielkraut et tant d'autres (très souvent les meilleurs), les penseurs originellement de gauche finissent par quitter leur camp qui, jour après jour, se complait dans la naïveté, le cynisme et l'idiotie, quand ce ne sont pas les trois en même temps.

 

La Tradition, chez Onfray, ne se dira peut-être jamais comme telle, car il faut comprendre qu'un homme ne se renie pas, ne serait-ce que sémantiquement, lorsqu'il a passé un certain âge. Mais alors, en ne l'assumant jamais, la Tradition ressortira régulièrement chez lui comme des lapsus. Puisse-t-il toutefois comprendre, un jour, que sa révolte adolescente contre les injustices et la médiocrité, qu'il exprima alors naturellement par un engagement à gauche, tient en réalité toute entière, aujourd'hui et à l'âge d'homme, dans la pensée traditionaliste.

 

Puisque je me refuse désormais à le sous-estimer à nouveau, j'attends que ce jour arrive. Alors, cher Michel Onfray, encore un effort.  

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Publié le 28 Mars 2015

Lettre à Christophe Conte, en réponse à son billet adressé à Marion Maréchal Le Pen. Disponible ici : http://blogs.lesinrocks.com/billetdur/2015/03/28/chere-marion-marechal-le-pen/

Cher Christophe Conte, Marion ne t'embrassera pas non plus

Cher Christophe Conte,

 

Merde ! Tu as raison. Marion Maréchal est une conne. De sa famille, elle a « épousé la cause » comme tu dis, tandis qu'elle aurait eu tellement mieux à faire. La voilà porte-voix d'une France des trous du culs de Province, alors qu'elle aurait pu être avec toi, Christophe. Avec un peu de relooking, elle aurait même pu être ton style. Quel gâchis.

 

Elle aurait pu, d'abord, se teindre en brune. Cette blondeur « aryenne », comme tu dis, c'est vraiment indécent aujourd'hui, sauf, éventuellement, si c'est au bras d'un africain. Le reste, c'est nazi. Nécessairement. Elle aurait pu – elle aurait du – ressembler à ce type de brunettes aux cheveux bouclés, mi-spanish mi-rital, habillées avec des couleurs pittoresques et un ptit piercing au nez, tu sais, celles qui traînent dans le Marais, à Bastille ou dans le 18eme, celles qui te font kiffer, mon cochon, celles avec qui tu peux parler des derniers romans de chez Grasset affalés autour d'une bière dans un bar cool, genre onéreux à mort mais qui cultive tout de même un certain débraillé, histoire de faire style. Qu'elle ait pu louper ça, c'est affligeant.

 

Elle aurait aussi pu avoir des idées comme le tiennes, plutôt que d'être une de ces effluves Bleu Marine dégueulasses qui transpirent de la France rance et profonde. La conne. Être dans un conseil de rédaction aux Inrocks, avec James, Camille et Fériel, parler un peu anglais, saloner sur le style et les lumières, et peut-être se fumer un pét' si on a bien bossé :sérieux ! Comment peut-on se passer de tels plaisirs ? Cons de fachôs.

 

Marion, elle, veut juste défendre la liberté et l'identité de son pays. Si elle avait été, au moins, tibétaine ou palestinienne, là tu l'aurais trouvé cool. Mais elle est française pardi ! Tu sais, la France d'où tu viens toi aussi, la France reculée, celle que tu as pu, Dieu merci, quitter pour Paris, là où, franchement, on devrait autoriser seuls les citoyens à voter. Le reste, c'est les recroquevillés, les phobes et les puants, ceux qui n'ont pas le temps de lire tes « billets durs », sans doute parce que eux, c'est leur vie qui est dure, et que des billets, ils n'en ont pas beaucoup. Mais ça franchement Christophe, qu'est ce qu'on s'en branle ?

 

Voilà mon gros. Je connais Marion, elle a du caractère et elle est difficile, et elle aussi ne t'embrassera pas. Même si tu avais eu envie d'ailleurs, c'est ballot. Au mieux, elle pourrait te mettre une petite baffe. Mais ça, égalité des sexes oblige, t'es d'accord, je veux bien m'en charger pour elle.

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