A quoi peut servir la politique dans le monde nouveau ?

Publié le 22 Décembre 2015

A quoi peut servir la politique dans le monde nouveau ?

Réflexion sur le temps présent, c’est à dire du temps qui presse.

 

Dans la période que nous vivons, je tiens que la politique, entendu au sens d’une force qui réglementerait nos vies individuelles, n’a non seulement plus de pertinence, mais surtout plus d’objet.

 

D’abord, d’un point de vue historique, les formes politiques que nous connaissions sont au stade de l’agonie. Il est possible de se battre pour maintenir en état les choses, mais ce faisant, nous ne faisons que gagner du temps ; nous ne pouvons inverser le processus.

 

L’Etat pourrait contraindre les hommes à « vivre-ensemble », les enfermer de force dans la circonscription nationale,  mettre le paquet dans l’Education pour former des Français pensant, sentant, s’exprimant tel un Gaulliste des années 60 ou un hussard noir des années 1900, que tout cela serait vain, nécessairement emporté par les flots des évolutions historiques, du monde en marche, du temps qui coule et qui bouleverse.

 

Pour s’en convaincre, il faudrait un livre entier d’arguments, et celui-ci arrivera, mais en attendant, il suffit aussi de regarder autour de soi, et, peut-être, de connaître un peu l’Histoire. Dans celle-ci, il n’y a point de schéma idéal et figé comme tel. Tout se transforme en permanence, selon des logiques connues. La vérité d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui. Il faut agir et penser selon les forces en présence et les potentiels possibles ; il faut, en un mot, se contextualiser, seul droit, finalement, à la pertinence.

 

J’aime l’exemple des Empereurs romains du bas-Empire. Contrairement aux idées reçues, ils ne furent point des décadents. Au contraire, la valeur d’un Marc-Aurèle, d’un Julien, d’un Septime Sévère, Claude II, Probus, Aurélien, Valentinien, Théodose, Dioclétien ou d’un Constantin, est d’un rare mérite. Ce sont des hommes d’Etat et des soldats hors pairs, peut-être supérieurs à des Auguste ou des Césars. Pourtant, ils combattaient et régentaient dans le vent. Par leur puissance et leur énergie, ils parvinrent à ralentir la mort d’un corps politique qui pourtant l’était déjà, l’Empire.

 

De Gaulle, le dernier des grands Français, avait tout compris. Dans les Chênes qu’on abat, dialogues avec Malraux, il reconnaît qu’il aura écrit la dernière page de l’Histoire de France, et il sait que ce qui n’est qu’une morphologie politique parmi tant d’autres, la France, était vouée à se transformer considérablement, comme l’Empire Romain du Ve siècle commença lui-même  à se transformer pour voir apparaître de nouvelles formes politiques, et, en quelque sorte, une nouvelle Histoire.

 

Désormais, à quoi sert donc la politique, si elle n’est plus qu’un théâtre d’ombres jouant au  pouvoir et rêvant à des restaurations impossibles ? Plus grand’chose, assurément. Toutefois, la politique a encore un rôle à jouer.

 

Si elle ne cherche qu’à retarder, qu’à restaurer, alors elle échouera, et le temps qu’elle fera perdre aux hommes sera catastrophique.  Mais elle peut envisager un autre objet : permettre l’accouchement du monde en germes en protégeant dans le chérubin ce qu’il y a de plus utile. Pour y parvenir, sa dignité sera de se retirer au maximum.

 

Les Européens, et parmi eux les Français, crèvent de déresponsabilisation. Quand leur corps politique était encore vivant et vivace, ils jetaient leurs yeux au Ciel et voyait l’Etat, qui les embrassait dans une puissance commune ; il les protégeait, et les projetait. Aujourd’hui, quand leur corps politique n’est plus qu’une fiction, et qu’ils n’ont plus par conséquent qu’une fiction d’Etat, ils persistent à jeter leur yeux au Ciel mais ne voient plus rien. Le Salut par la politique n’est plus ; mais, misérables qu’ils sont, il attendent, à cause d’une trop longue habitude, les genoux à terre et les mains suppliantes. D’où les angoisses actuelles, la turbidité, la nervosité qu’aucune force ne semble pouvoir épancher.

 

C’est que la politique s’occupe encore trop d’eux. Elle n’a plus la force du père, mais elle a gardé celle de la mère. Elle n’est plus qu’une assistante sociale qui doit « s’occuper de leurs problèmes », « écouter leurs préoccupations », « leur trouver du travail », « bien les soigner », et au final, bien les dorloter. Les hommes et les femmes de notre personnel politique ont pris le pli de cet état de fait ; celui qui gagnera l’élection sera celui qui rassurera le plus, comme s’il s’agissait d’un concours de la meilleure maman.

 

Le véritable intérêt de la politique serait de réparer cette situation, et non pas d’y souscrire. Il faudrait que la politique reflue d’elle-même, qu’elle arrête de s’occuper des hommes.  Que la politique cesse de se préoccuper de l’éducation des enfants, qu’elle arrête de maintenir des foules entières dans l’assistanat,  qu’elle ne se mêle plus de morale (démocratisme, droits-de-l-hommisme, vivre-ensemble etc.), qu’elle oblige même les individus à s’intéresser eux-mêmes à leur sécurité, et en quelques décennies seulement, les hommes, les citoyens, accoucheraient du monde nouveau, avec ses nouvelles formes d’organisation, ses nouvelles élites, ses sanctuaires, sa nouvelle morale et ses nouveaux desseins.

 

Laissez une province tranquille. Ne lui faites plus la morale. Ne l’assistez plus. Obligez là à se prendre en main. En somme, mettez Paris sous cloche de verre. Revenez quelques années plus tard : vous trouverez là des hommes qui s’en seront sortis, qui auront renouvelé leurs élites,  qui se seront organisés de telles façons qu’ils auront d’eux-mêmes chassés les perturbateurs ou les inutiles, qui auront trouvé comment avoir un intérêt économique dans la mondialisation et auront revivifié leur culture populaire et traditionnelle, etc. Ou alors, cette province sera morte, vidée de ses meilleurs habitants, et dans ce cas, c’est qu’elle vivait sous perfusion et qu’elle devait, historiquement, crever. Et à ce compte là tout est bien.

Revenez ensuite encore quelques décénnies plus tard, et observez un nouvel Etat regénéré qui  se fera fort de concentrer ces provinces et leurs nouvelles organisations dans une volonté commune. De là, il pourra s'appuyer sur des forces renouvellées et donc briller. Puis, quelques siècles plus tard, il dégénerera, et ainsi de suite. l'Histoire est fabuleuse. 

 

De toutes façons, c’est exactement ce qu’il se passe actuellement. La politique n’a plus de volonté, car elle n’a plus de force ; elle n’est que velléitaire. Sa nature de père est morte avec De Gaulle, sa nature de mère n’en a plus pour très longtemps. Le seul souci, c’est qu’en ne le voyant pas, cette transition risque de se faire dans l’anarchie la plus complète, tandis qu’un homme politique avisé pourrait accompagner cette transition en sauvant au maximum ce qui pourrait l’être.

 

Les hommes ont besoin de liberté et de responsabilité. Par là, ils arrêteraient de courir après de chimères, et, se prenant en mains, ils s’organiseraient comme ils doivent s’organiser naturellement, car telle est leur nature. Il ne faut pas brider la nature et ce qu’elle porte en elle, il faut, au contraire, lui permettre d’accoucher en douceur.  Voici ce que serait encore, en ce début de millénaire, l’honneur de la politique.  

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Jean Dutreuil 29/12/2015 18:54

@monsieur Rochedy,

Encore selon moi un billet qui ne sert à rien, je suis navré. Ce que vous dites de manière voilée afin de ne pas brusquer votre lectorat au lieu d'assumer clairement votre position est la nécessaire création de sanctuaires de français de sang et d'esprit afin de se protéger de l'africanisation et de l'islamisation de l'hexagone.

Selon vous, à la rigueur, une présidence de la république incarnée par exemple par Marion Maréchal Le Pen ne servirait qu'à tuer définitivement l'entité France et de développer des sanctuaires de civilisation européenne en attendant des jours meilleurs...

Or votre article souffre de deux très lourd défauts:

1) il se borne à une pensée politique trop générale dénuée totalement de mode opératoire: comment forme-t-on ces sanctuaires? Ou se situeront-ils sur le territoire? Comment seront-ils approvisionner énergétiquement et nutritionnellement? Comment se défendent-ils en cas de probables agressions?

2) votre idée de sanctuaire prend insuffisamment en compte la dynamique démographique afro-musulmane et son inhérente conquête territoriale.

Pour rappel, le rapport Afrique/Génération 2030 de l’Unicef soutient l’évolution suivante : 100 millions d’habitants en 1900, 275 millions en 1960, 1 milliards 300 millions aujourd’hui (dont 670 millions de pauvres comprenant plus de 100 millions de personnes en sous-nutrition). Si rien ne change, les Africains seront entre 2 et 3 milliards (dont 90% au sud du Sahara) puis environ 4,2 milliards en 2100. En 2050, 40% des naissances mondiales seront africaines, dont 65% uniquement dans l'arc musulman.

La pression démographique du sud est telle qu'elle se déverse sur le nord et pour la France génère un Grand Remplacement: en effet, si les statistiques ethniques sont interdites en France, il est facile de contourner ce manque pour se faire une idée précise de la situation ethnoculturelle hexagonale.

Depuis le début des années 2000, est institué dans notre pays un dépistage systématique pour les nouveau-nés ayant des origines extra-européennes, de la drépanocytose qui est selon le site Doctissimo « une maladie héréditaire de l’hémoglobine très fréquente chez les personnes de couleurs ». Or selon l’Association française pour le dépistage et la prévention du handicap de l’enfant (A.F.D.P.H.E), le taux des nourrissons soumis à ce dépistage était de 20% en 2001 et de 39% en 2014 ; celle de 2025 étant évaluée à 50%. Donc au quart de ce siècle, un enfant sur deux naissant en France ne sera pas de « souche » européenne…

De son côté l’économiste Gérard Pince prédit qu’en 2080, sur 96 millions de Français, il y aura 50 millions d’extra-européens pour 46 millions de « Français de souche ».

Or selon l'INSEE, 60% des extra européens de première et deuxième génération n'arrivent pas à s'insérer dans le milieu du travail et donc dépendant en plus de leur enfants et parents des allocs.

Plus encore la majorité des extra-européens sont de confession musulmane. Or selon la loi coranique: lorsque les musulmans sont démographiquement majoritaires dans un pays, ils ont l’obligation d’imposer la charia qui ordonne aux minorités judéo-chrétiennes la dhimmitude, la conversion ou la mort.

Au regard de ces évolutions, il est hautement probable que que nous arrivions à un effondrement dans les années 2030-2040 où la frange européenne devenue minoritaire ne pourra plus financer la frange majoritaire extra-européenne qui dépend principalement des allocs...

Résultat, nous risqueront de sombrer dans une guerre civile ressemblant étrangement au roman prophétique de Franck Poupard intitulé "Demain les Barbares" hautement plus crédible que le fameux "Soumission" de Houellebecq.

Par conséquent, au regard de cette hypothèse probante, les sanctuaires que vous proposez suffisent-ils à encaisser le choc?

A mon sens les patriotes devront jouer sur les deux tableaux: a) l'officialisation de sanctuaires - qui existent déjà de fait au travers des poches blanches du péri-urbain et du rural ayant fuies l'immigration des banlieues; bien décrites par Michèle Tribala et Christophe Guilly - par la création de groupes d'auto-défenses et la sécurisation de leur approvisionnement énergétique et nutritionnel.

b) une nécessaire programmation de "remigration" appliquée par le pouvoir central consistant à tarir progressivement "la corne d'abondance" des allocs et démanteler par étape les structures étatiques dans les zones à dominante allogène afin de créer un goulot d'étranglement qui incitera la majorité des allogènes refusant de s'intégrer à partir (70% des musulmans préfèrent la charia aux lois de la république selon les sondages). Car une coupure nette et non graduelle des allocs due à un effondrement économique détaillé plus haut provoquera le chaos menaçant grièvement noter sécurité, sanctuaires ou non...

c) imposer via notre diplomatie et nos armées aux Etats africains de l'arc saharo-sahélien une nécessaire régulation démographique à l'instar de la Chine qui a brisée sa courbe d’expansion, notamment en transmettant par la diplomatie et par la force le pouvoir aux minorités afrasiennes et agropastorales (Toubou, Touaregs Berbères etc) qui sont tout autant horrifiées que nous de l'explosion "noire"-bantouphone et appliqueront des programmes de régulation des naissances sans trop d'état d'âme...

Ps: a) si les empereurs du bas empire romain ont échoué, c'est parce qu’ils s'attachaient à maintenir par tout moyen un empire romain multiethnique et multiculturel non viable, une sécurisation ethnoculturelle de la botte italique aurait été beaucoup plus judicieuse...

b) De Gaulle disait écrire la dernière page de l'Histoire de France car celle-ci entrait dans "la fin de l'Histoire" de la société de "supermarché" définitivement mise à mal par la menace démographique et islamique de l’hémisphère sud...Il va nous falloir donc un nouveau De Gaulle et pour l'instant du Front de gauche au FN, j'en vois aucun. Mais souvenons-nous qu'il a pris le pouvoir par un putsch...

En espérant que ces quelques lignes nourriront votre réflexion intéressante mais trop abstraite.

Bien cordialement,

Jean Dutrueil

yoananda 28/12/2015 23:38

tout à fait d'accord. D'ailleurs vous n'êtes pas le seul à déserter la politique pour ré-investir "la vie", et construire la société de demain en marge de celle qui agonise ...
La France se suicide, c'est vrai, mais j'ai fini par accepter que c'était un bien qu'une partie de sa population se suicide.

Gallus 27/12/2015 19:40

Bon billet,certes.Bien écrit,bien pensé.Mais cette référence à De Gaulle...Lisez Venner à son propos.

JL 23/12/2015 13:39

Guère original. Pensée allemande, Spengler, Rév. Conservatrice et autre rengaine sur la décadence avec le passage obligé sur le Bas-Empire.. Ça fait déjà plus d'un siècle qu'on entend parler du temps qui presse, de l'aube du nouveau monde, etc.. Barbarismes! Vous vous coupez de l'histoire dont vous vous réclamez tant car vous ne faîtes pas vôtre les deux piliers qui ont été la substance commune des cultures européennes, de la Civilisation: la Latinité et le Christianisme. Sans ceux-ci, nous ne sommes qu'une culture de plus.

Lousteau 22/12/2015 16:00

La mère est morte depuis longtemps, chacun espère que ses petits problèmes seront résolus par le prochain gouvernement, voilà tout. Personne n'ira se tuer pour la patrie si elle se trouve en danger. On fuira, on se travestira.

Le peuple peut aimer un Auguste, un De Gaulle ou même un Hitler, pas un Sarkozy ou un Hollande.
Le peuple est individualiste et peureux, il ne s'imagine pas de grand chantiers à l'échelle nationale, le petit bonheur à son échelle lui suffit. Il faut le pousser pour qu'il participe à de grands chantiers. L'exemple des réseaux sociaux où la bêtise est reine est un excellent exemple. Il faut un chef avec une vision, un Napoléon.

Autrefois les chantiers était basiliques, cathédrales, chemins de fer, télécommunications.
Laisser ça aux entreprises est destructeur, car le seul souci de ces dernières est le profit.
Au fond on le sait tous, les nations se plient aux entreprises et ces dernières tuent le peuple, car l'entreprise fait aussi bien les produits vains que les consommateurs décérébrés. En ce sens c'est un système parfait. Il n'en est pas moins triste.

Relancer la croissance c'est un objectif d'entreprise, pas de nation. Dans ces conditions, autant abandonner l'idée de politique et de nation, abolir les frontières, ne plus parler que de politique d'entreprise, de collaborateur et de consommateur.