Note sur la crise grecque

Publié le 6 Juillet 2015

Le tonneau des danaïdes

Le tonneau des danaïdes

Note rapide sur la Grèce

 

Le peuple grec a rejeté hier (05/07/15) les nouvelles mesures d'austérité imposées par l'Union Européenne pour tenter d'endiguer un peu son endettement. Mais ils veulent rester dans l'euro. Contradictions et inconséquences.

 

Reprenons depuis le début

Les grecs ont vécu à crédit pendant des années, à l'aide des subsides européens et des taux d’intérêts exceptionnellement bas que permettait l'adoption de la monnaie unique.

 

Cibler les culpabilités

La faute originelle incombe aux préteurs. Quelle folie d'avoir introduit la Grèce dans l'euro et de leur avoir fourni, les yeux fermés, pendant tant d'années, autant de milliards.

L'on connait aussi le rôle pernicieux joué par la finance américaine, notamment par Golman Sachs. Leur spéculation en vue d'affaiblir la zone euro a été déterminante.

 

La culpabilité dans cette crise se décline ainsi :

1- La nuisance de Wall Street : En particulier les rapports mensongers de Golman Sachs sur l'économie grecque, qui poussaient à lui prêter sans trop regarder.

2- La naïveté européenne : L'idée saugrenue d'introduire une économie aussi faible structurellement que la Grece dans la zone euro.

3- La légerté grecque : L'incapacité à prévoir et à préparer l'avenir par des reformes structurelles. Argent dépensé sans scrupule.

Une fois la culpabilité de chacun mise en exergue, passons à la situation actuelle.

 

Tsipras et le peuple grec ne veulent plus de l'austérité, et la moindre des choses est de les comprendre. Baisse du pouvoir d'achat, fermeture des services publiques, fiscalité contraignante... De manière aussi violente et aussi soudaine, c'est insoutenable. On pourrait même remarquer que les grecs n'ont pas trop bronché compte tenu de ce qu'ils ont subi. A titre d'exemple, imaginez que l'on baisse d'un coup de 30% tous les salaires des fonctionnaires français. Inutile de préciser le bordel que cela foutrait.

 

Que des mauvaises solutions

Le souci est que toutes les solutions autres que l'austérité semblent aussi insoutenables.

Solution 1 : L'austérité. Contraction de l'économie, endettement qui se creuse. L'austérité ne marche pas, on le sait désormais.

Solution 2 : Une relance. Mais en Grèce, on relancerait quoi ? Ayant trop peu d'industries, l'argent ainsi réinjecté se perdrait dans le tonneau des danaïdes, et de toutes façons, personne ne voudrait payer.

Solution 3 : Le statu quo. Annulation de la dette grecque et maintien dans l'euro. Mais cela serait un très mauvais signal envoyé aux autres pays qui ne maîtrisent pas leur endettement, et n'inciterait pas les grecs à plus de sérieux.

 

Que faire donc ?

A mon avis, il faudrait une solution mixte .

La sortie de l'euro ?

Oui. Il le faudra bien. Mais le problème est que les grecs savent très bien que dans un premier temps (et dans un premier temps qui risque d'être long), cela signifiera pour eux une grosse perte de pouvoir d'achat, déjà bien entamé. C'est la raison pour laquelle l'extrême-gauche grecque ne propose pas (encore) un grexit.

Il faudrait faire un pacte avec la Grèce :

1 – Qu'elle continue ses réformes avec sérieux, notamment dans sa capacité à collecter l'impôt.

2 – Qu'elle sorte de l'euro, et que le retour à la Drachme permette, à terme, une relocalisation de sa consommation intérieur, et donc, peut-être, un aiguillon pour sa production.

3 – Qu'une partie de sa dette européenne soit annulée. De toutes façons, ils ne la rembourseront pas.

4 – Qu'elle mette en place une fiscalité incitative pour les investisseurs étrangers, à l'Irlandaise. Vu le niveau de pauvreté qu'elle a déjà atteint, autant qu'elle se transforme en un semi-paradis fiscal pour les investisseurs.

Ce pacte pourrait être négocié et garantie avec la BCE, qui s'engagerait à soutenir la Drachme et les banques grecques en cas d'attaques trop violentes de la finance US et d'une trop grande dépréciation de sa monnaie.

 

Tout bien considéré, je n'imagine pas d'autres solutions de sortie de crise. 

Publié dans #journal

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Catherine 08/07/2015 14:41

Un professeur vient faire le pont avec ce qui a décrit dans les articles précédents, je vous laisse juge, mais comme il le dit lui-même, si vous êtes observateur, nul besoin de dire que ce n'est pas vrai. Voyez les lois qui graduellement sont votées et appliquées dans notre société. C'est VERS là que nous allons!

https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/07/07/les-racines-occultistes-de-la-franc-maconnerie-linterview-choc/

Catherine 07/07/2015 12:38

A propos de l’entretien cité, à partir de la minute 25.30 , il est dit et c’est super, super important et ça fait le pont avec les écrits de Sutton, qu’en fait l’hypercapitalisme est en fait un communisme déguisé qui sous couvert de mots liberté, égalité et fraternité vise la suppression de la propriété privée pour tous( sauf pour eux bien sûr!) l’expropriation par la fiscalité.

Donc l’objectif final de ce NOM est un vaste transfert de patrimoine des élites mondialistes à leur profit et sous couvert de novlangue, tout le monde sera AINSI libre, égal à tous sauf à eux et frères de misère! Plus de propriété pour personne, le rêve communiste quoi!

Catherine 06/07/2015 21:06

Invitation à comprendre mieux les soubassements de la crise grecque, écoutez donc cet entretien, il est très éclairant. Il semblerait bien que potentiellement ce pays ait d'énormes réserves pétrolières et gazières, ce qui rend ce pays potentiellement aussi riche que l'Iran...Il y a donc des raisons à ne pas vouloir lâcher la Grèce semble-t-il!
https://resistanceauthentique.wordpress.com/2015/07/03/ce-qui-vous-attend-apres-la-faillite-de-la-grece/